Le président Abdelmadjid Tebboune a prononcé un discours d’orientation devant le Parlement réuni en session conjointe ce mardi, abordant des questions de sécurité régionale et de politique intérieure avec des messages clairs et fermes.
Concernant les relations avec la Tunisie, le chef de l’État a dénoncé avec force ce qu’il a qualifié de « campagne de désinformation » visant à impliquer l’Algérie dans les débats politiques internes tunisiens. Il a mis en garde contre les tentatives orchestrées par « des esprits étroits » pour semer la discorde entre les deux pays frères.
« Notre sécurité s’étend en Tunisie, et la sécurité de la Tunisie s’étend en Algérie. Nous ne nous sommes jamais ingérés dans les affaires intérieures tunisiennes », a-t-il martelé, rejetant toute allégation d’interventionnisme. Il a ajouté : « Nous nous interdisons la moindre ingérence dans les affaires tunisiennes. Ceux qui pensent pouvoir isoler la Tunisie de l’Algérie se trompent. Notre armée n’a jamais foulé le sol tunisien. »
Le président a salué la « force » de l’esprit national tunisien, mettant en garde contre ceux qui chercheraient à « défaire le lien fraternel » entre les deux nations dans l’espoir de fragiliser la Tunisie. Il a conclu ce point par une déclaration sans équivoque de solidarité : « Le président Kaïs Saïed n’est ni un
normalisateur, ni un empressé… Et quiconque touche à la Tunisie touche à l’Algérie. »
Sur le plan de la politique intérieure, le président a réaffirmé son engagement à ouvrir un dialogue politique avec les partis, comme il s’y était précédemment engagé. « Je me suis engagé depuis cette tribune à un dialogue politique avec les partis, et je maintiens cet engagement », a-t-il déclaré, précisant que ce processus serait lancé « une fois que le Parlement aura adopté la loi sur les partis politiques ».
Il a assuré que ce dialogue serait « constructif » et que tout accord qui en découlerait serait appliqué.
Le chef de l’État a réitéré sa détermination à poursuivre la lutte contre la corruption, promettant que « la justice sera aux aguets de toutes ses formes ».
Il s’est engagé à protéger les cadres de l’État intègres et à poursuivre les réformes pour instaurer une « gouvernance par le peuple et pour le peuple », malgré les difficultés et les « tentatives de perturbation, de l’intérieur comme de l’extérieur ». Le Président a, par ailleurs, dressé un bilan contrasté du secteur agricole, mêlant un hommage appuyé à l’initiative privée à un aveu d’échec cinglant sur un dossier sensible.
Il a d’abord salué une dynamique entrepreneuriale remarquable, révélant que les agriculteurs ont créé, en toute autonomie, pas moins de 15 000 entreprises en dehors du cadre direct du ministère de l’Agriculture. Cette vitalité, couplée à l’entrée de la technologie dans les champs, constitue, selon lui, une contribution positive et significative à l’économie nationale. Cependant, le chef de l’État a immédiatement tempéré cet optimisme par une confession sans détour. En dépit des « grandes réussites » du secteur, il a reconnu un échec retentissant dans un domaine stratégique : « Je vous avoue notre échec dans la production des viandes de toutes sortes », a-t-il déclaré, qualifiant cette situation d’« énigme majeure » qui « souleve de grandes interrogations ».
Face à ce constat sévère, le Président a lancé un appel solennel à la responsabilité et au patriotisme économique à tous les acteurs du monde agricole.
Il a martelé un argument percutant pour les mobiliser : « Les fonds alloués à l’importation de la viande, les fils de l’Algérie en sont bien plus dignes. » Ce plaidoyer vise à recentrer les priorités sur la souveraineté alimentaire et à réorienter les investissements vers la production nationale.
F.H.
Mise en garde contre les tentatives de briser le lien fraternel: Tebboune: “Quiconque touche à la Tunisie touche à l’Algérie”

