En Algérie, la consommation d’énergie connaît une croissance continue de 4 % par an depuis plus d’une décennie. Une tendance alimentée à la fois par l’essor économique de secteurs stratégiques — tels que le bâtiment, l’industrie et l’agriculture — et par un usage excessif, voire négligent, de l’énergie au quotidien.Intervenant ce matin sur les ondes de la Radio chaîne 3, dans l’émission L’invité du jour, le directeur général de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE), M. Chabane Merouane, a tiré la sonnette d’alarme.
Il a révélé que l’Algérie pourrait réduire jusqu’à 50 % de sa consommation énergétique actuelle sans impacter négativement l’activité économique ou le confort des citoyens.
« Autant de consommation inutile », a-t-il résumé.Selon lui, ce gaspillage énergétique généralisé touche toutes les couches de la société, des citoyens aux institutions publiques, en passant par les entreprises. Dans de nombreuses administrations, l’absence de dispositifs de régulation ou de contrôle de la consommation — comme des systèmes d’éclairage intelligents ou des appareils à haute efficacité énergétique — aggrave la situation.
Le gaspillage est également amplifié dans les foyers, où le chauffage, la climatisation et l’éclairage sont souvent utilisés sans discernement, parfois même en l’absence des occupants.M. Merouane a souligné que la sensibilisation à la sobriété énergétique reste insuffisante, bien que des campagnes aient été lancées par l’APRUE et d’autres organismes. Il plaide pour une réforme structurelle des habitudes de consommation, en intégrant notamment l’éducation énergétique dès l’école, l’incitation à l’utilisation d’équipements économes en énergie, et l’introduction de réglementations plus strictes pour les bâtiments, anciens et nouveaux.
Il a aussi insisté sur le rôle central de l’État dans la transition vers une consommation responsable, en proposant des mesures concrètes : subventions ciblées pour les appareils économes, modernisation du parc d’éclairage public, programmes de rénovation énergétique des bâtiments, et généralisation des compteurs intelligents.La marge de 50 % évoquée par le directeur de l’APRUE n’est pas qu’un chiffre symbolique : elle représente une opportunité stratégique pour l’Algérie de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, de préserver ses ressources naturelles pour les générations futures, et de respecter ses engagements environnementaux à l’échelle mondiale. À l’heure où la transition énergétique devient une nécessité, le gaspillage énergétique n’est plus seulement un enjeu économique, mais aussi une question de souveraineté, de développement durable et de responsabilité citoyenne.
Farid.H.

