Medgaz : l’Algérie confirme sa puissance énergétique et sa fiabilité stratégique

L’Algérie, par l’intermédiaire de sa compagnie nationale Sonatrach, a enregistré en 2024 un bénéfice net de plus de 72,7 millions d’euros grâce au gazoduc Medgaz, infrastructure sous-marine reliant directement Beni Saf à Almería. Ce résultat, révélé par le magazine américain Forbes, illustre non seulement la rentabilité du partenariat énergétique algéro-espagnol, mais surtout la maîtrise technique et stratégique de l’Algérie dans le secteur gazier européen. Medgaz, qui a généré un bénéfice global de 142,55 millions d’euros en 2024, affiche une disponibilité exceptionnelle de 103,1 %, avec 361 jours d’exploitation effective, dépassant les engagements contractuels. Cette performance est le fruit d’une gestion rigoureuse et d’une extension réussie de l’infrastructure, notamment avec l’ajout d’un quatrième compresseur à turbine à la station de Beni Saf, portant la capacité annuelle à 10 milliards de mètres cubes, contre 8 milliards en 2021. Depuis qu’elle est devenue actionnaire majoritaire de Medgaz en 2020, Sonatrach détient 51 % des parts, contre 49 % pour le tandem Naturgy–BlackRock. Cette position dominante permet à l’Algérie de piloter l’approvisionnement énergétique de l’Espagne tout en consolidant sa place de fournisseur fiable et structurant dans un contexte de crise énergétique mondiale. Medgaz, entré en service en 2011, est aujourd’hui bien plus qu’un simple gazoduc : c’est un symbole de la puissance énergétique algérienne, de sa capacité à investir dans des infrastructures stratégiques, et de son rôle central dans la sécurité énergétique du sud de l’Europe.
F. H.