Mauritanie, Tchad, Niger, Burkina Faso: L’Algérie confirme son ancrage dans le Sahel

L’Algérie opère, depuis le début de l’année 2026, un redéploiement stratégique majeur au Sahel, marqué par les visites des dirigeants du Niger, du Tchad et de la Mauritanie en Algérie, en plus d’une visite de haut niveau de ministres algériens au Burkina Faso.
Après une période de tensions avec les membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), Alger a initié début 2026 une phase de dégel diplomatique, avec des projections sur les plans sécuritaire et économique, avec la signature de nombreux accords de coopération avec les quatre pays cités.
La stratégie algérienne est basée sur la reprise intensive des échanges et normalisation des relations après les crises de 2025, la signature d’accords stratégiques, la construction de projets communs et la création d’espaces commerciaux frontaliers pour dynamiser les échanges locaux, le tout pour renforcer la position et le rôle du premier plan du pays dans la région.
La dernière visite en date est celle du président de la République du Tchad, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, du 22 au 24 avril 2026, marquant un tournant historique qualifié de «partenariat stratégique de nouvelle génération» par les deux chefs d’État.
La visite a été marquée par la signature de près de 30 accords et mémorandums d’entente lors de la 4e session de la Grande Commission mixte. Ces accords visent à transformer une amitié traditionnelle en une intégration économique concrète.
Les principaux domaines de coopération incluent l’Énergie et Hydrocarbures avec la signature d’un accord-cadre pour la réalisation d’une raffinerie au Tchad et de trois accords spécifiques dans le secteur des mines et des hydrocarbures.
Le président Abdelmadjid Tebboune a instruit l’accélération de la construction d’une centrale électrique de 50 mégawatts au Tchad pour pallier le déficit énergétique du pays.
Le domaine sécuritaire a été concerné, avec la signature d’une convention interministérielle pour renforcer la lutte contre le terrorisme dans la région sahélo-saharienne.
La visite du Président tchadien a été précédée
par celle du président du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani les 15 et 16 février 2026.
Ce déplacement avait scellé la réconciliation diplomatique après une période de tensions, actant un rapprochement stratégique et sécuritaire entre les deux pays.
Au palais présidentiel d’El Mouradia, les deux chefs d’état ont abordé la sécurité régionale, avec un engagement mutuel pour renforcer la coordination militaire et la lutte contre le terrorisme dans la zone sahélienne. Le Niger, membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), et l’Algérie ont affiché une volonté commune de dialogue pour apaiser les tensions régionales. Le volet économique a occupé une place centrale dans la visite. Les deux chefs d’État ont réaffirmé leur volonté d’accélérer le projet stratégique du Gazoduc reliant le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie. Il était également question de finaliser le projet de la Route Transsaharienne et des réseaux de fibre optique qui reste une priorité pour désenclaver la région.
Entre ces deux visites, l’Algérie avait accueilli le Premier ministre mauritanien, Mokhtar Ould Djay, les
6 et 7 avril 2026, marquant une étape décisive dans le renforcement de l’axe Alger-Nouakchott. S’inscrivant dans une dynamique de rapprochement stratégique, ce déplacement a été marqué par la tenue de la 20e session de la Grande Commission mixte algéro-mauritanienne, sanctionnée par la signature de près de 30 accords entre les deux pays. Ces accords ont concerné de nombreux secteurs, à leur tête celui de l’Énergie et des Hydrocarbures, la pêche et les Ressources Halieutiques, le commerce et la finance.
La volonté de l’Algérie pour renforcer sa position dans la région a été affichée dès le début de l’année, lorsque le ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab s’est rendu, le 12 février, au Burkina Faso dans le cadre d’une visite de travail visant à renforcer la coopération bilatérale.
La visite a été couronnée par la signature d’un procès-verbal consacrant la volonté commune des deux pays de hisser les relations de coopération au rang de partenariat stratégique dans les domaines des hydrocarbures, de l’énergie et des mines.
Farid B.