Maroc: Entre ombre du Makhzen et souffle populaire

Al’heure où le Maroc consolide ses relations avec l’entité sioniste, dans un contexte marqué par le drame humain à Ghaza, le pays est secoué par des tensions internes qui exposent la profondeur de la corruption et les fissures au sommet de l’appareil d’État. Le phénomène dit de «Jabrout», présenté comme un mouvement libre contre les abus, apparaît en réalité comme un instrument entre les mains du palais, utilisé pour cibler certaines élites tout en balisant le terrain à une succession dynastique qui verrait Hassan III prendre la relève.
Les affaires qui éclaboussent des figures centrales du pouvoir, dont l’homme d’affaires et chef du gouvernement Aziz Akhannouch, traduisent un système verrouillé où clientélisme, marchés publics obscurs et captation des richesses sont monnaie courante. Dans l’arrière-pays, cette concentration des privilèges nourrit des frustrations immenses : des habitants de villages reculés parcourent des dizaines de kilomètres pour réclamer de l’eau potable, une véritable éducation ou encore un minimum de soins. Derrière cette façade, le Makhzen lui-même se fragilise. Les querelles internes, la lutte pour l’accès aux ressources stratégiques et la recomposition des loyautés dans l’appareil sécuritaire traduisent des fractures réelles. Des voix issues de mouvements citoyens, tel le collectif «20 Mars», affirment même que certaines structures de sécurité se rapprochent des revendications populaires, en rupture avec la ligne ultra-centralisatrice imposée par «Jabrout».
Sur le plan extérieur, la normalisation avec l’entité sioniste est perçue par une partie des Marocains comme une opération de diversion, une façon de masquer les priorités sociales brûlantes tout en cherchant à raffermir une légitimité internationale vacillante. Mais ce choix place le Maroc sous le feu des critiques, notamment dans le monde arabe et musulman solidaire de la cause palestinienne. Un message clair se répand dans la rue et les villages : la dignité et la souveraineté appartiennent au peuple, et non à un système monarchique usé par ses propres contradictions. Face aux injustices persistantes, la mobilisation citoyenne, la vigilance et la dénonciation collective apparaissent comme les leviers essentiels pour construire un Maroc équitable, souverain et respectueux des droits de toutes et de tous .
M. M.