La rentrée politique du Rassemblement National a une nouvelle fois révélé la stratégie de Marine Le Pen : utiliser l’Algérie comme punching-ball pour rallier ses partisans. Réunissant ses militants
à Bordeaux, la cheffe du RN a choisi une cible unique, répétitive et commode : l’Algérie, constamment présentée comme l’ennemi extérieur idéal pour nourrir son discours populiste. Sous prétexte de «défendre la France», Marine Le Pen a proposé une recette simpliste qu’elle appelle le «triple zéro» : zéro aide au développement, zéro transfert de fonds privés et zéro visa. Une formule démagogique qui ignore non seulement la complexité des relations diplomatiques, mais aussi la profondeur des liens économiques, culturels et humains qui unissent la France et l’Algérie.
Au lieu d’explorer les voies d’un dialogue respectueux, Marine Le Pen joue la carte de la confrontation.
Elle accuse l’Algérie d’«insulter la France», tout en fermant les yeux sur des décennies d’histoire coloniale encore non assumée dans l’Hexagone. Sa vision, fondée sur la stigmatisation, ne fait qu’alimenter une rancune stérile, bien éloignée des intérêts concrets des peuples. L’Algérie, quant à elle, ne cesse de revendiquer une relation fondée sur l’égalité, la dignité et le respect mutuel. Les propos de Marine Le Pen, purement électoralistes, ne reflètent donc pas la réalité des rapports bilatéraux : échanges commerciaux, coopération énergétique, circulation humaine et culturelle continuent de relier profondément les deux rives de la Méditerranée .
N. C.
Marine Le Pen, l’Algérie comme boucémissaire politique

