Malgré l’appel au dialogue:Escalade verbale entre l’Iran et les États-Unis

Alors que les tensions s’exacerbent au Moyen-Orient, le président iranien Massoud Pezeshkian a réaffirmé ce lundi que «la guerre n’est dans l’intérêt de personne» et que seule «une voie rationnelle et diplomatique» pouvait apaiser la crise. Mais derrière ces déclarations, les divergences entre Téhéran et Washington s’accentuent.
Des représentants américains doivent se rendre à Islamabad pour une nouvelle tentative de négociation avec l’Iran.
Pourtant, Téhéran a annoncé son refus de participer à ce second cycle de pourparlers, dénonçant des «demandes excessives et irréalistes» de la part des États-Unis, ainsi que des changements de position jugés incohérents.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a mis en doute le sérieux de Washington, pointant plusieurs «violations» du cessez-le-feu en cours : saisie d’un cargo iranien, blocus naval des ports du pays et retards dans la mise en œuvre de l’accord au Liban.
«Les comportements américains ne témoignent en rien d’un engagement sérieux», a martelé le porte-parole Esmaïl Baghaï. Dans ce climat tendu, la Chine s’est invitée dans le débat.
Le président Xi Jinping, lors d’un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane, a insisté sur la nécessité de maintenir le détroit d’Ormuz «ouvert à la navigation normale», jugeant que sa fermeture menacerait la stabilité régionale et mondiale.
Pékin appelle à un cessez-le-feu «immédiat et global» et à une résolution des différends par des voies politiques. De son côté, le président américain Donald Trump a durci le ton. Sur sa plateforme Truth Social, il a menacé de «détruire chaque centrale électrique et chaque pont en Iran» si Téhéran refusait l’offre américaine, qu’il qualifie de «juste et raisonnable». Tout en dénonçant une «violation grave» du cessez-le-feu par l’Iran, il affirme croire encore à la possibilité d’un accord de paix.
Le détroit d’Ormuz, par lequel transite une part essentielle du commerce mondial de pétrole, reste au cœur de cette confrontation. Après avoir annoncé son ouverture vendredi dernier, l’Iran est revenu sur sa décision samedi, invoquant le maintien du blocus américain. Une volte-face qui ravive les tensions et met en péril la fragile trêve en cours .
Malik M.