Madrid sous pression :Rabat accusé d’exporter ses tensions et ses criminels vers l’Espagne

Les relations entre le Maroc et l’Espagne, déjà marquées par des épisodes de tension migratoire et diplomatique, semblent entrer dans une nouvelle phase de crispation.
Le parti espagnol Vox a récemment accusé Rabat d’avoir délibérément exporté vers l’Espagne des dizaines de milliers de criminels marocains, dans ce qui est perçu comme une stratégie de pression politique. Cette accusation survient dans un contexte déjà tendu. En mai 2021, Rabat avait laissé passer près de 10 000 migrants clandestins vers les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, en représailles à l’hospitalisation en Espagne du président sahraoui Brahim Ghali. Ce geste humanitaire avait coûté son poste à l’ancienne ministre espagnole des Affaires étrangères, révélant l’influence marocaine sur les décisions politiques à Madrid. Aujourd’hui, la tension monte d’un cran.
À l’occasion de la fête du trône, le roi Mohammed VI a gracié près de 19 000 détenus, une décision qui alimente les soupçons de Vox sur une possible instrumentalisation de la migration.
Ces accusations font écho au scandale Pegasus, dans lequel le téléphone du président Pedro Sanchez aurait été espionné par les services marocains (DGED), dirigés par Yacine Mansouri. Le numéro deux de la DGED, Hicham Hajiou, soupçonné d’être impliqué dans l’affaire, serait actuellement en fuite… et selon certaines sources, protégé par les services secrets espagnols (CNI).
Si cette dernière information se confirme, Madrid pourrait enfin disposer d’un levier face à la stratégie marocaine, souvent qualifiée de « belliciste » par ses détracteurs. En attendant, les tensions migratoires et les soupçons d’ingérence continuent d’empoisonner les relations entre les deux voisins .

Imène.G