Madagascar: Un coup d’État militaire plonge le pays dans l’incertitude

Un groupe d’officiers militaires a annoncé, ce mercredi après-midi, avoir pris le pouvoir à Madagascar. La prise de contrôle, officialisée depuis le palais présidentiel et retransmise à la télévision nationale, marque un tournant décisif dans la crise politique qui secoue le pays. Sous la direction du colonel Michael Randrianirina, figure centrale du mouvement, les militaires ont proclamé la suspension de la Constitution et la dissolution de plusieurs institutions clés.
«Nous prenons le pouvoir à partir d’aujourd’hui. Nous dissolvons le Sénat et la Haute Cour constitutionnelle. L’Assemblée nationale, nous la laissons continuer à travailler», a déclaré l’officier, dont le ralliement le 11 octobre dernier a transformé une contestation citoyenne portée par la Génération Z en une insurrection des forces armées.
La commission électorale a également été dissoute. Cette annonce fait suite à une journée de tensions extrêmes au sommet de l’État. Plus tôt dans la journée, l’Assemblée nationale avait voté une motion d’empêchement contre le président Andry Rajoelina, en recueillant 130 voix sur 163, soit la majorité des deux tiers requise pour sa destitution.
De l’étranger, le chef de l’État avait anticipé cette motion en diffusant un décret de dissolution de l’Assemblée. Reclus dans un lieu tenu secret et contesté dans la rue, M. Rajoelina a dénoncé, via ses services, un vote «dépourvu de toute base légale».
Dans le camp opposé, l’opposition estime que c’est la dissolution de l’Assemblée qui est illégale. Cette situation rappelle le parcours politique d’Andry Rajoelina, lui-même arrivé au pouvoir en 2009 à la faveur d’un soulèvement populaire.
Après une période de retrait, il avait été élu président en 2018, puis réélu en 2023 pour un mandat de cinq ans lors d’un scrutin boycotté par l’opposition, dont les germes de la crise actuelle étaient déjà présents.
Le pays se retrouve désormais dans un vide constitutionnel, sous la tutelle d’une junte militaire dont les prochaines décisions seront cruciales pour l’avenir de la Grande Île .
Malik M.