Lycéens en grève: Entre rumeurs et quêtede qualité éducative

La mobilisation massive des lycéens à travers plusieurs wilayas du pays, exprimée par un boycott des cours, a mis en lumière une problématique profonde du système éducatif algérien.
Ces manifestations coïncident avec des rumeurs persistantes concernant une supposée interdiction des cours particuliers et de soutien scolaire, alimentant ainsi un climat de tension. Selon le président de l’Association des parents d’élèves, ces rumeurs sont le moteur principal des protestations. L’association plaide pour une régulation et une supervision des cours de soutien plutôt qu’une interdiction
pure et simple.
Cette position s’explique par le rôle crucial qu’occupent ces cours dans le soutien des élèves, particulièrement ceux préparant des examens.Ablaïla Afif, président de la commission de l’éducation à l’Assemblée populaire nationale, pointe du doigt les lacunes structurelles du système éducatif, notamment la surcharge des classes, comme des facteurs clés expliquant le recours croissant aux cours particuliers. Il déplore également la fermeture de centres de soutien reconnus, qui a non seulement perturbé les élèves, mais aussi suscité la colère des parents. Pour apaiser la situation, le ministre de l’Éducation, Mohamed Saïd Saadaoui, a annoncé la mise en place d’un comité national chargé d’élaborer un vaste projet pour améliorer la qualité éducative. Ce projet vise à repenser les programmes scolaires, moderniser les méthodes pédagogiques et renforcer les infrastructures éducatives.
Le ministre a par ailleurs affirmé que la stratégie du secteur ne vise pas à éliminer les cours de soutien, mais à mieux les encadrer. L’objectif est de maintenir ces outils pédagogiques tout en réduisant leurs impacts négatifs, tels que l’exploitation informelle ou l’inégalité d’accès pour certains élèves.
Les cours particuliers se sont largement démocratisés au fil des années, au point de devenir un pilier pour de nombreux élèves et familles. Cependant, comme le souligne Afif, l’existence de ces cours dans des lieux non agréés, tels que des garages ou des habitations privées, nuit à la qualité de l’enseignement et renforce la précarité de certaines structures éducatives.Des experts estiment que ces cours seraient moins nécessaires si les programmes scolaires étaient mieux adaptés et dispensés dans un cadre officiel, fluide et moderne. Un rapport du Conseil de la Comptabilité met en lumière l’ampleur du phénomène. Selon une étude réalisée par l’Université de Tiaret, environ 67 % des élèves de terminale suivaient des cours particuliers en 2013-2014.
Ce recours s’étend désormais à toutes les tranches d’âge, notamment pour des matières fondamentales comme le français, l’arabe ou les mathématiques.Le rapport alerte sur plusieurs répercussions négatives, telles que l’épuisement des ressources financières des familles, l’accentuation des inégalités sociales, et l’impact sur l’équilibre psychologique des élèves privés de moments de repos et
de loisirs. La situation actuelle montre clairement que les cours de soutien ne sont que le symptôme d’un mal plus profond. Plutôt que de prendre des mesures répressives, les autorités algériennes ont choisi d’agir en profondeur en repensant le système éducatif.Ce choix stratégique, axé sur l’encadrement et la réforme structurelle, représente une approche mesurée pour résoudre un problème complexe et œuvrer pour une éducation plus équitable et qualitativen .
Farid B.

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