Al’occasion de la Journée mondiale du développement de la science au profit de la paix, célébrée chaque 10 novembre depuis son institution par l’ONU en 2023, le sous-directeur de la pédagogie au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohand Allouche, a livré un état des lieux ambitieux et prometteur de la transformation du paysage universitaire algérien.
Invité de l’émission matinale «Inebgui Nesbah» sur la chaîne 2 de la Radio algérienne, M. Allouche a annoncé que 76 plateformes numériques spécialisées ont été développées pour accompagner la modernisation de l’enseignement supérieur dans toutes les disciplines. Cette numérisation s’étend également aux œuvres universitaires, englobant le transport, l’hébergement, la restauration et les bourses, désormais entièrement digitalisés pour faciliter l’accès et la transparence. Mais au-delà de la logistique, c’est une réorientation stratégique des contenus et des finalités de l’université qui se dessine. «L’université algérienne est devenue un espace d’innovation», affirme M. Allouche, précisant que les diplômes sont désormais pensés en lien direct avec l’économie nationale et la dynamique entrepreneuriale.
«Il n’est plus question de former des futurs chômeurs», insiste-t-il, soulignant une rupture assumée avec les modèles académiques déconnectés des réalités socio-économiques.
Cette mutation s’appuie sur 100 projets innovants brevetés dans les établissements algériens, preuve tangible de la vitalité scientifique locale. Le ministère a également lancé de nouvelles filières d’avenir, centrées sur des enjeux stratégiques tels que l’intelligence artificielle, le dessalement de l’eau de mer, l’hydrogène, la sécurité alimentaire et énergétique, en plus de sept réseaux thématiques destinés à structurer la recherche autour des objectifs du développement durable. Dans cette perspective, M. Allouche insiste sur la nécessité d’ancrer les formations dans une logique de souveraineté scientifique, en phase avec l’agenda 2050 et les impératifs de coopération internationale. L’Algérie, affirme-t-il, «a fait des pas importants, notamment envers les pays maghrébins et africains», consolidant ainsi son rôle de pôle régional de savoir et de partage des sciences. Enfin, dans le prolongement de cette dynamique, le ministère organise le 12 novembre prochain un concours de doctorat en informatique quantique, une discipline de pointe qui mobilisera 51 places réparties entre plusieurs établissements : Sétif 1, Constantine 2, Jijel, Boumerdes et Oran 1. Cette initiative marque la naissance d’une école doctorale interuniversitaire, symbole d’une volonté de mutualiser les compétences et de positionner l’Algérie dans les domaines les plus avancés de la recherche mondiale
Farid B.
L’université algérienne à l’ère du numérique et de l’innovation:Vers une souveraineté scientifique partagée

