L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rappelé, jeudi à Genève, que la sécurité des vaccins est encadrée par des normes extrêmement strictes, alors que des projets de réforme des méthodes de test suscitent des inquiétudes, notamment aux États-Unis.Interrogée sur les intentions attribuées au secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., rapportées par le Washington Post, la
Dre Kate O’Brien, directrice du département Vaccins à l’OMS, a déclaré : « Nous sommes confiants dans les évaluations menées sur les vaccins », précisant que les protocoles de développement incluent déjà des tests placebo, lorsqu’il s’agit de vaccins entièrement nouveaux.Kennedy, figure connue pour son scepticisme à l’égard des vaccins, souhaite imposer des tests placebo systématiques, même pour les vaccins existants adaptés à de nouvelles souches. Une pratique que les experts jugent contraire à l’éthique médicale, car elle impliquerait de priver certains patients de vaccins déjà homologués et efficaces. La Dre O’Brien a tenu à souligner que l’éthique interdit d’utiliser un placebo lorsqu’un vaccin vital est déjà disponible, insistant sur le fait que les évaluations de sécurité font partie intégrante du processus d’autorisation. « Il est crucial de ne pas freiner la capacité de développer des vaccins plus efficaces », a-t-elle ajouté, tout en rappelant que la désinformation actuelle met en péril les progrès mondiaux en matière de santé publique. En effet, selon l’OMS, la recrudescence d’épidémies évitables, telles que la rougeole, la méningite ou la fièvre jaune, est alimentée par une baisse de la couverture vaccinale, en partie due à la diffusion de fausses informations et au recul de l’aide internationale.Parmi ces idées fausses, Robert Kennedy Jr. a avancé que le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) contiendrait des « débris de fœtus avortés ». « Ces affirmations sont inexactes », a répondu fermement la Dre O’Brien. L’OMS rappelle enfin que les vaccins ont sauvé plus de 150 millions de vies au cours des cinquante dernières années, un bilan qui témoigne de leur efficacité et de leur importance cruciale pour la santé mondiale.
N.C

