Littérature: Messaouda Laïchi, l’Algérienne qui a porté Bagdad dans son cœur

Dans le paysage littéraire maghrébin, certains livres transcendent leur statut d’ouvrage pour devenir des ponts culturels. C’est le cas de Bagdad mon amour de Messaouda Laïchi, œuvre majeure qui continue de rayonner bien au-delà des frontières algéro-irakiennes.
Née à Bou Saâda, cette femme de lettres s’installe à Bagdad en 1977 comme traductrice pour une entreprise pharmaceutique. Ce qui devait être un simple contrat professionnel se transforme en une passion de seize années pour l’Irak, sa culture et son peuple. Parfaitement trilingue (arabe, français, anglais), Messaouda Laïchi a su capter l’essence même de la capitale irakienne à travers son écriture fine et sensible. «Son ouvrage nous transporte dans le Bagdad des intellectuels, des artistes et des gardiens de la mémoire collective. Son livre n’est pas simplement un témoignage, c’est une immersion totale dans l’âme de Bagdad», analyse un spécialiste de la littérature maghrébine.
Elle réussit l’exploit de nous faire voir la ville par les yeux d’une étrangère devenue amoureuse des lieux, tout en restant suffisamment objective pour en montrer toutes les facettes.
À travers ses pages, l’auteure algérienne documente avec une précision remarquable la vie culturelle et intellectuelle irakienne des années 1970 à 1990. Elle dresse le portrait d’un Irak rayonnant, creuset de créativité et de savoir, souvent méconnu du grand public international.
L’œuvre de Messaouda Laïchi constitue une contribution essentielle à la préservation de la mémoire culturelle irakienne, souligne un universitaire rencontré à New York.
Son regard extérieur mais bienveillant offre une perspective unique sur le Bagdad de cette époque. Aujourd’hui, Bagdad mon amour reste une référence pour tous ceux qui s’intéressent aux échanges culturels algéro-irakiens. L’ouvrage continue d’être étudié dans plusieurs départements de littérature comparée et sert de base à de nombreux travaux sur le dialogue interculturel.
Le parcours de Messaouda Laïchi témoigne de la capacité de la littérature à bâtir des passerelles durables entre les peuples. Son œuvre incarne cet idéal humaniste où les frontières s’estompent devant la puissance des mots et la richesse des rencontres culturelles.
Alors que le monde a souvent montré de l’Irak une image conflictuelle, Messaouda Laïchi, elle, en a restitué la splendeur culturelle et la profondeur humaine. Une mission dont la pertinence reste plus que jamais d’actualité .
Amina S.