Dans la cité papale d’Avignon, où les arts ont longtemps régné en maîtres, une vague de résistance culturelle déferle, portée par les voix puissantes d’éminents artistes européens. Cinq figures de proue de la scène théâtrale et chorégraphique ont brisé un silence assourdissant, s’insurgeant avec force contre le génocide en cours à Gaza, perpétré par l’armée israélienne.
Sous les applaudissements nourris d’un millier de participants, Laurence Chable, fondatrice du Théâtre du Radeau, a entamé la lecture de la « Nouvelle Déclaration d’Avignon », un vibrant appel à la solidarité avec le peuple palestinien. Ses mots, empreints d’une urgence palpable, ont résonné comme un cri du cœur : « Nous, femmes et hommes du spectacle, ne nous résignant pas à l’impuissance ni à l’invisibilisation du crime, déclarons notre solidarité avec le peuple palestinien. »Dans un puissant mouvement de synergie artistique, les chorégraphes Anne Teresa de Keersmaeker et Radouan Mriziga, ainsi que les metteurs en scène Milo Rau et Marcial Di Fonzo Bo, ont relayé cet appel retentissant, le déclamant dans diverses langues – anglais, arabe, allemand et espagnol – sur la place du Palais des Papes.L’exigence était claire et sans équivoque : « Nous exigeons la cessation du massacre de masse en cours. » La déclaration a également appelé à la reconnaissance de l’État palestinien, à l’application des sanctions prévues par le droit international, à la suspension de l’accord d’association UE-Israël et à l’arrêt de la criminalisation des voix qui soutiennent la cause palestinienne.
Émue, Anne Teresa de Keersmaeker a confié : « Le silence n’est plus possible. Et je suis contente que d’autres artistes, comme Nan Goldin à Arles, prennent la parole. » Radouan Mriziga a renchéri, soulignant l’importance de résister aux côtés des Palestiniens : « C’est un moyen de dire aux Palestiniens que nous résistons avec eux. Je sais que des gens leur ont déjà envoyé des vidéos de notre prise de parole.
C’est plus qu’important. « Cet acte de résistance culturelle s’inscrit dans l’héritage de la « Déclaration d’Avignon » de 1995, énoncée lors des massacres de Srebrenica. Il fait écho aux signes de soutien à la Palestine affichés par des artistes tout au long du festival, brisant le silence relatif de l’organisation.Alors que Gaza continue de subir les frappes meurtrières d’Israël et la famine orchestrée par le gouvernement Netanyahu, cette insurrection artistique résonne comme un cri d’humanité, exigeant la fin du « crime » et de la « disparition programmée d’un peuple ». Dans les murs d’Avignon, la scène vibre désormais au rythme de la résistance culturelle, rappelant au monde que le silence n’est plus une option face à l’horreur
Amina.S
L’Insurrection Culturelle Contre le Génocide Palestinien: La Scène artistique vibre pour Gaza

