Moins d’un mois après l’assassinat de Seif al-Islam Kadhafi, ancien homme fort de la scène politique libyenne et figure de l’opposition au pouvoir en place, des mouvements se dessinent en coulisses pour lui trouver un successeur.
Une initiative tribale et politique est en préparation dans la région de Bani Walid, visant à désigner une «personnalité mandatée» pour prendre la relève et incarner le courant politique qu’il avait commencé à structurer avant sa mort.
L’ancien candidat à la présidentielle a été tué il y a près d’un mois dans sa résidence de Zenten par un groupe d’individus non identifiés.
Les circonstances exactes de son décès, de même que les motivations de ses assassins, demeurent à ce jour inexpliquées.
Cette disparition a créé un vide au sein de la mouvance qui le soutenait, composée de partisans de l’ancien régime et de Libyens en quête d’alternatives aux factions actuellement dominantes.
C’est la «Ligue des partisans du système de la Jamahiriya» qui supervise actuellement les discussions en vue de cette succession politique.
Dans un document rendu public, cette organisation affirme vouloir «poursuivre le chemin» engagé par Seif al-Islam Kadhafi, en référence au projet politique qu’il portait pour sortir le pays de l’impasse.
Son président, Mouftah Laghbara, a indiqué que les tractations sont en attente de la position de la famille Kadhafi, seule habilitée à mandater officiellement la personne qui incarnera cette continuité politique.
Le projet défendu par l’héritier politique du régime déchu reposait sur des principes de réconciliation nationale et de souveraineté. Il prônait le dialogue entre les factions rivales et appelait au départ des forces étrangères présentes sur le territoire libien. Ces thèmes, qu’il martelait lors de ses rares apparitions publiques, trouvaient un écho auprès d’une partie de la population lassée par plus d’une décennie de conflits et de division du pays entre deux gouvernements et deux administrations rivales, l’une à l’est, l’autre à l’ouest. Si le principe d’une succession politique semble se préciser, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Aucune information n’a filtré sur l’identité de la personnalité susceptible d’être mandatée, ni sur la nature de ses liens avec la famille Kadhafi ou avec la tribu des Kadhafa dont elle est issue. L’issue de ces tractations et leur impact sur un paysage politique libien déjà profondément fragmenté restent à observer.
M. M.
Libye:Les pro-Kadhafi cherchent un successeur à Seif al-Islam

