Jeudi dernier, le président américain Donald Trump a annoncé sur sa plateforme Truth Social que la trêve entre l’entité sioniste et le Liban serait prolongée de trois semaines. Cette décision intervient à l’issue d’une nouvelle réunion entre les parties à Washington, alors que le cessez-le-feu initial, entré en vigueur le 17 avril pour une durée de dix jours, devait expirer aujourd’hui dimanche.
Dès le lendemain, le ministre libanais de l’Information, Paul Morcos, a souligné l’urgence de renforcer l’unité interne, la stabilité et la préservation de la paix civile au Liban, un appel que le président Joseph Aoun répète régulièrement.
Dans un entretien à la chaîne Al-Hadath, Morcos a précisé que Joseph Aoun demeure en contact permanent avec le président du Parlement, Nabih Berri, et le Premier ministre, Nawaf Salam, sur le dossier des négociations. Le chef de l’État libanais, a-t-il ajouté, n’a jamais envisagé de contact avec le Premier ministre sioniste, et ses positions reposent sur une vision politique fondée sur l’intérêt national, avec des décisions prises au moment opportun.
Sur le terrain, pourtant, la trêve affiche ses limites. Des avions de guerre sionistes ont mené à l’aube des frappes sur les abords de la localité de Majdel Zoun, dans le caza de Tyr, rapporte l’Agence nationale d’information libanaise (ANI).
La même source indique que l’aviation ennemie a également ciblé durant la nuit les hauteurs de Rihane. Plus tard, un raid a visé une habitation à Touline, dans le caza de Marjeyoun, suivi de tirs d’artillerie sur la localité. Une autre frappe aérienne a touché Kherbet Selm, dans le sud du Liban, tandis que des forces sionistes ont procédé à deux explosions dans la localité de Khiam. Malgré ces violations, la trêve offre un certain répit à une population éprouvée.
Depuis le début du conflit le 2 mars, les autorités libanaises dénombrent plus de 2 480 martyrs et 7 700 blessés. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, les secouristes continuent d’extraire des corps des décombres dans les zones qui avaient été soumises à d’intenses frappes. Par ailleurs, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), qui a perdu cinq soldats ces derniers jours dans l’agression sioniste, voit son avenir incertain. Le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix, a indiqué jeudi dernier à Genève que l’organisation «travaille» au maintien d’une présence au Liban après le départ de la Finul, dont le mandat arrive à échéance à la fin de l’année.
Le Conseil de sécurité a demandé «des options pour une éventuelle présence des Nations unies post-Finul», a expliqué Lacroix, précisant que ces recommandations devront être présentées avant le 1er juin. La future présence, a-t-il noté, «sera probablement plus réduite» que l’actuelle.
Les autorités libanaises, a-t-il ajouté, «souhaiteraient garder une présence des Nations unies», mais «pas nécessairement identique à celle de la Finul» .
Malik M.
Liban: Trump annonce une prolongation de trois semaine du cessez-le-feu

