L’Organisation mondiale de la santé a officiellement annoncé hier mercredi qu’elle examinait des rapports concernant l’usage présumé par l’aviation israélienne de phosphore blanc sur le territoire libanais, une substance hautement controversée dont l’emploi contre des populations civiles est strictement encadré par le droit international humanitaire.
Le représentant de l’OMS au Liban, Abdinasir Abubakar, s’est exprimé lors d’un point de presse pour faire le point sur cette situation préoccupante.
«Nous avons vu des informations faisant état de l’utilisation de phosphore blanc, nous sommes en contact avec les hôpitaux, mais pour l’instant nous ne disposons pas d’informations concernant des victimes du phosphore blanc ou d’autres produits chimique», a-t-il déclaré.
«Nous enquêtons sur la situation et nous l’observons», a-t-il ajouté, soulignant la vigilance de l’institution sanitaire face à ces allégations graves.
Selon le représentant de l’OMS, dans plusieurs zones où, d’après les informations rapportées, du phosphore blanc aurait pu être utilisé, des évacuations ont été menées afin de protéger les populations locales des risques potentiels liés à cette substance.
Le phosphore blanc est un agent chimique inflammable qui prend feu spontanément au contact de l’air, provoquant des brûlures profondes et extrêmement douloureuses, et dont l’utilisation dans des zones densément peuplées est condamnée par la communauté internationale en raison de ses effets indiscriminés et de ses conséquences humanitaires dévastatrices.
Cette annonce de l’OMS intervient dans un contexte de tensions régionales accrues, alors que le Liban est régulièrement la cible de frappes aériennes dans le cadre du conflit qui oppose Israël au Hezbollah et à d’autres factions soutenues par l’Iran.
Les autorités libanaises avaient déjà dénoncé par le passé l’utilisation de phosphore blanc par l’armée sioniste lors d’opérations militaires, mais ces allégations n’avaient pas toujours fait l’objet d’enquêtes internationales approfondies.
L’ouverture d’une enquête par l’OMS marque une étape importante dans la reconnaissance potentielle de l’usage d’armes controversées dans ce conflit, et pourrait conduire à des pressions accrues sur Israël pour qu’il fournisse des éclaircissements sur ses méthodes opérationnelles.
Les hôpitaux libanais, déjà sous pression en raison de l’afflux de blessés suite aux bombardements, ont été invités à signaler tout cas présentant des symptômes compatibles avec une exposition au phosphore blanc, tels que des brûlures chimiques caractéristiques ou des détresses respiratoires aiguës.
La communauté humanitaire internationale suit de près l’évolution de cette enquête, consciente que la confirmation de l’utilisation de telles substances pourrait constituer une escalade significative dans la conduite des hostilités et ouvrirait la voie à d’éventuelles procédures judiciaires internationales.
Pour le Liban, pays déjà meurtri par des décennies de conflits et actuellement confronté à une crise économique et sociale sans précédent, la perspective de devoir faire face aux conséquences sanitaires à long terme d’une exposition au phosphore blanc représente un nouveau défi humanitaire majeur.
Les équipes de l’OMS sur le terrain travaillent en coordination avec le ministère libanais de la Santé publique pour évaluer l’ampleur exacte des zones potentiellement contaminées et pour organiser la prise en charge des éventuelles victimes, tout en rappelant que les effets de cette substance peuvent se manifester avec un certain délai après l’exposition.
Cette enquête de l’OMS pourrait également relancer le débat sur le respect du droit international humanitaire par toutes les parties au conflit, et sur la nécessité de protéger les populations civiles qui paient le prix le plus lourd dans cette escalade régionale aux ramifications multiples.
Malik M.
Liban: L’OMS enquête sur l’utilisation de phosphore blanc lors de raids aériens

