Lettre ouverte en Belgique :Plus de cent personnalités exigent des sanctions fermes pour mettre fin au génocide à Gaza

Plus d’une centaine de personnalités issues des milieux culturels, académiques et de la société civile en Belgique ont signé une lettre ouverte, publiée ce mercredi par plusieurs médias du pays, exhortant leur gouvernement à prendre des mesures fortes et concrètes pour mettre un terme à ce qu’ils qualifient de génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Dans ce texte poignant, les signataires dénoncent l’inaction politique face à l’ampleur des violences. « Alors que l’horreur continue de frapper Gaza, nos responsables politiques ont débattu ces dernières semaines d’une résolution sur la situation, mais avec le frein à main tiré », écrivent-ils. Selon eux, la résolution récemment adoptée par le gouvernement belge manque de vigueur : elle ne comporte ni condamnation explicite des crimes de guerre, ni sanctions significatives contre les auteurs de ces exactions. La lettre déplore en particulier que le texte gouvernemental ne fasse aucune mention de la politique d’occupation coloniale, ni de l’approche génocidaire menée par les autorités israéliennes. Ce silence est jugé d’autant plus grave qu’un récent sondage réalisé par l’institut iVox pour l’émission De Tafel van Gert, auprès de 1 000 Flamands, révèle que 73 % des personnes interrogées estiment qu’un génocide est bel et bien en cours à Gaza.Les signataires rappellent avec force les conséquences dévastatrices de l’offensive militaire : « La destruction physique de Gaza est aujourd’hui quasi totale. Plus de 92 % des habitations ont été détruites, ainsi que la majorité des infrastructures essentielles telles que les écoles, les bibliothèques, les mosquées et les hôpitaux.
Depuis des mois, l’occupant bloque délibérément l’accès à l’eau, à la nourriture et aux soins médicaux, aggravant une crise humanitaire déjà catastrophique. »Ils soulignent également le lourd bilan humain : plus de 54 000 personnes ont perdu la vie dans la bande de Gaza depuis le début de l’offensive israélienne. Des milliers d’autres sont portées disparues sous les décombres, tandis que des dizaines de milliers de blessés — souvent gravement mutilés — survivent dans des conditions dramatiques. En Cisjordanie aussi, les violences de l’armée israélienne et des colons se multiplient dans l’impunité.Face à cette tragédie, les auteurs de la lettre réclament un changement radical de cap de la part du gouvernement belge. Ils appellent à abandonner la posture passive actuelle au profit de mesures fermes :un embargo total sur les armes,une interdiction des produits provenant des colonies israéliennes illégales,l’arrêt immédiat de toute forme de coopération économique, académique, culturelle et politique avec Israël,et la rupture sans délai des relations diplomatiques.Ils insistent également sur la nécessité pour la Belgique de rappeler à Israël ses obligations juridiques en vertu du droit international, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention sur les droits de l’enfant, la Convention contre la torture, la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Convention sur le génocide. « Les droits du peuple palestinien sont inaliénables », rappellent-ils. « Depuis plus de 77 ans, les Palestiniens revendiquent leur droit au retour et à l’autodétermination. Ces droits sont consacrés par la Charte des Nations unies, les résolutions onusiennes et confirmés par la Cour internationale de Justice. »La lettre se conclut sur un appel solennel : « La ligne rouge a été franchie depuis longtemps. Il est temps pour notre gouvernement d’agir de manière urgente, claire et résolue. Nous exigeons des sanctions immédiates et l’adoption d’une politique cohérente avec les principes des droits humains et du droit international. » .

Farid B.

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