Les relations entre l’Algérie et la France traversent une période de turbulences marquée par des divergences politiques et des tensions persistantes. Pour Badis Khenissa, expert en relations internationales, cette situation ne peut plus durer. Il appelle à un sursaut de la part du président français, Emmanuel Macron, pour reprendre en main une diplomatie fragilisée et mettre fin à une crise qui profite, selon lui, à une extrême droite française hostile à l’Algérie.
Un appel à la responsabilité et au sérieux
Dans une récente intervention sur la chaîne 3 de la Radio Algérienne, Badis Khenissa a souligné que le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a clairement exprimé son attachement au dialogue et au sérieux dans les relations entre États. « Le président Tebboune est sorti de son silence pour rappeler que l’Algérie privilégie le dialogue, mais dans un cadre respectueux et équilibré, où chaque partie doit maîtriser sa diplomatie », a-t-il expliqué. Khenissa déplore que la diplomatie française semble aujourd’hui « prise en otage » par des forces politiques extrémistes qui, selon lui, exploitent des fantasmes liés à l’histoire coloniale pour alimenter un climat de tension. « On assiste à un hold-up de la diplomatie française par une extrême droite qui diffuse des contre-vérités et des allégations infondées, cherchant à monter l’opinion publique française contre l’Algérie », a-t-il affirmé.
Dominique de Villepin : un médiateur potentiel
Selon Khenissa, Dominique de Villepin pourrait être « l’homme de la situation » pour éviter une rupture totale entre Alger et Paris. « Il a déjà démontré son engagement pour des relations internationales équilibrées, notamment lors de la crise irakienne. Son expérience et sa vision pourraient contribuer à sauver ce qui peut encore l’être dans les relations franco-algériennes », a-t-il expliqué. Toutefois, l’expert insiste sur la nécessité d’encadrer cette médiation dans un cadre formel et validé par les deux parties.
Un message clair du président Tebboune
Badis Khenissa a également commenté la récente interview du président Tebboune au journal français L’Opinion, qualifiant sa sortie de « symbolique » et d’« avertissement sérieux ». « Le président algérien a envoyé un message franc à son homologue français : il est temps de mettre fin à la récréation et d’engager un dialogue sur des bases saines et respectueuses », a-t-il déclaré. Tebboune a, selon lui, rappelé la capacité des deux pays à surmonter leurs différends, malgré les provocations de ceux qu’il qualifie d’« ennemis communs », en référence aux nostalgiques de l’Algérie française. « Notre président ne se justifie pas, il s’explique. Et son message est clair : l’Algérie est prête au dialogue, mais dans le respect mutuel et la transparence », a-t-il ajouté.
Vers un avenir commun ?
Malgré les tensions actuelles, Khenissa reste optimiste quant à la possibilité d’une réconciliation entre l’Algérie et la France. « Les deux pays ont tout à gagner à rétablir des relations saines et respectueuses. Cela passe par une reconnaissance honnête du passé, mais aussi par une vision tournée vers l’avenir, notamment pour les jeunes générations », a-t-il conclu.
Il appelle enfin les deux parties à faire preuve de responsabilité et de bonne volonté pour surmonter cette crise. « La balle est dans le camp français. Le président Macron doit prendre ses responsabilités et engager un dialogue sérieux avec l’Algérie », a-t-il averti .
F.B.

