Le Syndicat des journalistes palestiniens a publié son rapport mensuel sur l’état des libertés médiatiques, révélant un chiffre alarmant : 99 violations commises par l’occupation sioniste contre les journalistes durant le mois de décembre.
Ce bilan met en lumière un climat de répression systématique et confirme que le journaliste palestinien n’est plus seulement un témoin des crimes, mais désormais une cible directe, visée pour son rôle essentiel dans la transmission de la vérité.
Le rapport souligne que ces violations ne se limitent pas aux entraves habituelles à la couverture médiatique, mais qu’elles traduisent une politique délibérée de ciblage. Un journaliste a trouvé la mort alors qu’il exerçait son métier sur le terrain, tandis que deux autres ont été grièvement blessés à la suite de bombardements et de tirs directs.
Le cercle du ciblage s’est élargi aux familles, avec le martyre de deux proches de journalistes, révélant une stratégie de punition collective qui dépasse le cadre professionnel pour atteindre la sphère personnelle et familiale. Les entraves recensées sont multiples et variées. Le rapport fait état de quarante-huit cas de détention de journalistes, souvent arbitraires et accompagnés de conditions de détention inhumaines. Quinze agressions ont été perpétrées à l’aide de grenades lacrymogènes et assourdissantes, visant à empêcher la couverture des événements.
Deux tentatives délibérées de renversement de journalistes ont été enregistrées, illustrant la volonté de les mettre physiquement hors d’état de travailler. Neuf cas de mise en joue et de menaces par arme ont été documentés, auxquels s’ajoutent six menaces verbales directes, renforçant un climat de terreur et d’intimidation. Le rapport mentionne également deux passages à tabac et des mauvais traitements physiques infligés à des journalistes, ainsi que la destruction de matériel professionnel indispensable à leur mission. Deux habitations appartenant à des journalistes ont été bombardées, privant leurs familles de refuge et accentuant la pression psychologique exercée sur eux.
Sur le plan judiciaire et administratif, le syndicat a relevé deux arrestations supplémentaires, deux convocations suivies d’interrogatoires de sécurité, ainsi que deux affaires portées devant les tribunaux de l’occupation, incluant des prolongations de détention administrative.
Ces pratiques s’inscrivent dans une logique de harcèlement judiciaire visant à criminaliser l’exercice du journalisme et à réduire au silence les voix indépendantes.
Au-delà des chiffres, ce rapport met en évidence une réalité dramatique : le journaliste palestinien est désormais placé au cœur d’une stratégie de répression qui cherche à annihiler son rôle de témoin et de relais de l’information.
En ciblant les professionnels des médias, l’occupation tente de priver la société palestinienne et la communauté internationale de la vérité sur les crimes commis.
Le Syndicat des journalistes palestiniens rappelle que ces violations constituent une atteinte flagrante au droit international humanitaire. L’article 79 du premier Protocole additionnel aux Conventions de Genève stipule clairement l’obligation de protéger les journalistes lors des conflits armés.
Le non-respect de cette disposition traduit une volonté manifeste de bafouer les normes internationales et d’instaurer un climat d’impunité.
Ce rapport, au-delà de la dénonciation, se veut un appel urgent à la communauté internationale, aux organisations de défense des droits humains et aux instances médiatiques mondiales.
Malik.M.
Les journalistes palestiniens sous le feu: 99 violations recensées en décembre 2025

