Les «fous» de Paris révèlent l’importance d’Alger

Le mot de trop. En qualifiant de «fous» ceux qui prônent la rupture avec l’Algérie, Emmanuel Macron a déclenché une tempête politique dans son propre pays. Ironie du sort : c’est en voulant louer le rôle des médecins étrangers, parmi lesquels un praticien algérien, que le président français a offert un spectacle digne d’un vaudeville républicain. Les réactions n’ont pas tardé.
Bruno Retailleau, figure de la droite dure, s’est senti visé personnellement, comme si l’insulte lui était taillée sur mesure. Marine Le Pen, jamais en reste, a dénoncé une «trumpisation» du discours présidentiel, preuve que même les outrances américaines trouvent désormais écho à l’Élysée.
Manuel Valls, lui, a préféré rappeler qu’il faudrait «réimposer un rapport de force avec Alger», une rengaine usée qui sonne comme un aveu d’impuissance. Quant à Ségolène Royal, elle a souligné que les tentatives de calmer le jeu arrivent trop tard, après des années de crispations accumulées.
Au fond, cette cacophonie révèle une vérité que Paris peine à admettre : l’Algérie est devenue un acteur incontournable, qu’on ne peut réduire à des caricatures ni à des postures électoralistes. Si certains en France s’agitent pour exiger la «rupture», c’est peut-être parce qu’ils redoutent la réalité : l’Algérie, forte de son histoire et de ses choix souverains, ne se laisse plus dicter la marche à suivre.
N. C.