La suspension récente des cours de soutien pour certains établissements d’enseignement des langues met en lumière un phénomène plus vaste et préoccupant, profondément ancré dans le système éducatif : la prolifération des cours particuliers. Bien que ces derniers puissent répondre à des besoins spécifiques des élèves, ils incarnent aussi une pratique parfois opaque et contestable, où l’intérêt éducatif semble passer au second plan face à des motivations moins honorables.
En effet, le phénomène des cours particuliers ne se limite pas à une simple aide éducative pour combler les lacunes des apprenants. Trop souvent, il illustre une stratégie délibérée de certains enseignants pour réduire leur implication en classe et inciter leurs élèves à recourir à ces sessions privées, souvent coûteuses et hors de portée pour une grande partie des familles. Ce procédé compromet non seulement le rôle fondamental de l’école comme lieu d’apprentissage, mais exacerbe également les inégalités sociales en privant les élèves des milieux modestes de l’accès à une éducation de qualité.
Un rapport alarmant de la Cour des comptes souligne l’absence de politiques concrètes pour étudier ou réguler ce phénomène. La confiance des parents envers l’école publique, censée garantir une formation académique équilibrée, s’effrite au profit de ces pratiques informelles.
Cette perte de foi dans le système éducatif est exacerbée par des enseignants qui, au lieu de se consacrer pleinement à leur mission en classe, orientent indirectement leurs élèves vers des cours privés, créant une double dépendance pédagogique et financière.
Par ailleurs, la généralisation des cours de soutien a des conséquences désastreuses sur le bien-être des élèves. Elle les prive du temps nécessaire pour se reposer et se développer harmonieusement, tout en augmentant leur fatigue et leur stress. Pour les familles, c’est une charge financière souvent insoutenable, qui pousse à des sacrifices disproportionnés pour accéder à une réussite académique supposée.Il est impératif de dénoncer ces dérives et de renforcer les mécanismes de contrôle pour assurer un enseignement équitable et accessible. L’école doit redevenir un espace où la qualité de l’enseignement prime sur les intérêts individuels, et où l’élève peut évoluer sans être contraint de s’aventurer dans des systèmes parallèles pour compenser les manquements d’un cadre censé le protéger et l’élever .
F.B.

