Législatives: La Cour constitutionnelle annule des voix dans plusieurs wilayas pour fraude

Au-delà des chiffres définitifs annoncés hier samedi par la présidente de la Cour constitutionnelle, Leïla Aslaoui, c’est une révélation plus discrète qui retient l’attention : l’institution a procédé à l’annulation de voix attribuées à plusieurs partis dans de nombreux bureaux de vote, en raison d’« irrégularités ayant affecté la validité du processus électoral ».Ces annulations touchent principalement le FLN, le Front El-Moustakbal, le RND et le parti de l’Unité nationale, dans plusieurs circonscriptions à travers le pays : Alger, Bouira, Oran, Djelfa, M’sila, Mila, Barika, Aïn Oussara et Chlef. À Alger, la circonscription la plus concernée, les voix de la liste El-Moustakbal ont été annulées dans 57 bureaux, principalement à Bourouba, tandis que celles du RND l’ont été dans plusieurs autres bureaux de la même wilaya. À Bouira, les annulations frappent la liste El-Moustakbal dans les communes de Bouira, Dirah, Bir Ghbalou, El Kadiria, Djbahia, Aïn Bessem, El Hachimia et Sour El Ghozlane.
À Djelfa, c’est l’ensemble des bureaux de la commune de Hassi Bahbah qui a vu ses voix annulées, aussi bien pour le parti de l’Unité nationale que pour le RND.
À Oran, une vingtaine de bureaux de la localité de Fréha ont vu les voix de Sawt Echaab annulées, tandis qu’à Aïn Oussara, ce sont les voix du FLN qui ont été invalidées dans plusieurs centres de vote.
La Cour constitutionnelle précise que ces annulations sont intervenues après un travail d’enquête et de vérification de la validité des résultats, ayant conduit à la rectification et à la reformulation des procès-verbaux concernés, avant délibération finale de l’institution.
Sur le plan du contentieux, la Cour a par ailleurs indiqué avoir rejeté 269 recours sur environ 320 déposés, dont 13 émanant de la communauté nationale à l’étranger, un chiffre qui, mis en perspective avec les annulations opérées d’office par l’institution elle-même, dessine les contours d’un scrutin où la Cour constitutionnelle a dû, à plusieurs reprises, corriger le processus plutôt que se contenter de l’entériner.
Ces annulations, bien que sans incidence majeure
sur l’équilibre global des résultats définitifs, le FLN conservant sa première place avec 91 sièges, devant le RND, 74 et El-Moustakbal, 56, n’en constituent pas moins un signal : elles témoignent de failles bien réelles dans l’organisation du scrutin dans certaines wilayas, que la Cour a choisi de rendre publiques plutôt que de les traiter en silence.
F. H.