Législatives du 2 juillet: La diaspora algérienne ouvre le bal des urnes

La communauté algérienne établie à l’étranger a commencé à voter ce samedi pour les élections législatives du 2 juillet, donnant le coup d’envoi d’un scrutin qui se déroulera sur le territoire national dans cinq jours. À Tunis, les électeurs ont afflué dès l’ouverture des bureaux de vote, neuf au total, dont trois mobiles, placés sous la supervision de 68 agents relevant de la chancellerie algérienne.
La capitale tunisienne est le siège de la quatrième région électorale, qui couvre l’ensemble du continent africain. Plus de neuf mille électeurs sont inscrits auprès du consulat général d’Alger à Tunis, pour un total de quinze mille votants recensés sur l’ensemble du territoire tunisien. Cinq listes sont en lice pour le siège de cette région : le FLN, le RND, le MSP, le Front de l’Avenir et le Mouvement El Bina.
Les candidats avaient mené campagne dans plusieurs villes, Gafsa, le Kef, Bizerte, Kairouan, Sousse, ainsi que dans les quartiers de la capitale tunisienne, pour convaincre des électeurs souvent tiraillés entre leur attachement au pays d’origine et les réalités d’une vie construite ailleurs. Car c’est bien cela que révèle ce premier jour de vote : pour nombre de membres de la diaspora, participer relève autant de l’identité que de la démarche civique.
«C’est une façon d’affirmer mon appartenance à l’Algérie», confie Amina Sabri, après avoir glissé son bulletin dans l’urne. Cherif Saïd, lui, y voit surtout une occasion concrète : «Choisir un député qui porte nos préoccupations au Parlement et jusqu’au gouvernement.»
Le consulat a mis des bus à disposition pour faciliter le déplacement des électeurs, dans un dispositif jugé bien organisé et ouvert à l’observation des partis en compétition. Dans ce contexte, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) a rappelé, dans un communiqué publié le jour même, que toute publication ou diffusion de sondages et d’enquêtes sur les intentions de vote est désormais interdite, à compter de ce samedi pour la diaspora, et à partir du lundi 29 juin pour les circonscriptions nationales, jusqu’à la clôture du scrutin.
Une décision qui intervient après la circulation sur les réseaux sociaux de données suspectées d’avoir été générées par intelligence artificielle, prétendant cartographier les tendances de vote. L’ANIE précise agir en application de l’article 81 de la loi organique électorale, qui prévoit un délai de silence de cinq jours avant le vote pour la diaspora, et de soixante-douze heures pour le territoire national.
F. H.