Ils ont moins de 40 ans, ils se présentent sans l’étiquette d’un parti, et l’État a choisi de leur donner une chance concrète.
À quelques jours des élections législatives du 2 juillet, l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) révèle que 937 jeunes candidats issus de 125 listes indépendantes à travers le pays ont bénéficié d’une aide financière de 300 000 dinars destinée à couvrir leurs dépenses de campagne. Trente et un autres, engagés sur des listes indépendantes à l’étranger, en ont également profité.
Ce dispositif, ancré dans l’article 122 de la loi organique relative au régime électoral, traduit selon le président par intérim de l’ANIE, Karim Khelfane, «un engagement du président de la République envers cette catégorie de la société», celle d’une jeunesse qui veut peser sur les décisions du pays sans passer par les appareils partisans traditionnels. Mais organiser une campagne propre ne va pas de soi. Depuis le lancement de la campagne, l’ANIE a enregistré 538 signalements liés à des dépassements, suivis de près aux niveaux national, local et dans les circonscriptions de l’étranger. Parmi eux, 96 publications sur les réseaux sociaux ont nécessité des mesures judiciaires, preuve que la bataille électorale se joue désormais autant sur les écrans que sur le terrain.
L’affichage électoral est lui aussi dans le viseur. Certains candidats ont délibérément réduit leurs affiches aux seules photos des mandataires de liste, occultant les autres candidats en violation flagrante du principe d’égalité des chances. L’ANIE a mis en demeure les contrevenants, la règle est claire, tous les noms et toutes les photos doivent figurer, pour que l’électeur sache réellement pour qui il vote. Une commission de suivi quotidien des dépassements a été mise en place pour veiller au grain jusqu’au jour du scrutin. Le message est simple, la campagne doit se gagner dans les idées, pas dans les combines .
Lotfi L.-E.
Législatives du 2 juillet: 937 jeunes candidats soutenus par l’État pour bousculer les urnes
