La machine électorale est en marche, et l’ANIE veille à ce qu’elle ne déraille pas. Hier samedi, le président par intérim de l’Autorité nationale indépendante des élections, Karim Khelfane, s’est rendu personnellement à l’Établissement des Éditions populaires de l’Armée et à l’Imprimerie officielle d’Alger pour s’assurer que bulletins de vote et procès-verbaux sont imprimés dans les règles.
Un déplacement discret, mais symboliquement fort. à dix jours du scrutin, rien ne doit être laissé au hasard. Sur le terrain de la campagne, l’heure est aussi au recadrage.
Dans son dernier communiqué, l’ANIE a haussé le ton face à une série de dépassements qui s’accumulent depuis l’ouverture de la campagne.
Mosquées transformées en tribunes électorales, véhicules de fonction réquisitionnés pour des déplacements politiques, salons d’honneur des aéroports utilisés par des candidats-responsables, rôles officiels et activités partisanes confondus allègrement, la liste des entorses aux règles du jeu s’allonge, et l’Autorité prévient. Les contrevenants s’exposent à de lourdes sanctions.
La guerre des affiches fait aussi rage. Collages sauvages sur les emplacements réservés aux listes adverses, utilisation de symboles de l’État par certains candidats, plaintes déposées à Batna par le mouvement Ennahda, à Tizi Ouzou par le RCD, autant d’incidents qui ont contraint les antennes locales de l’ANIE à intervenir en urgence pour rétablir l’ordre électoral.
La loi est claire sur ce point : coller une affiche au mauvais endroit peut coûter jusqu’à 5 000 dinars d’amende. Utiliser des moyens de l’État au profit d’un candidat, c’est jusqu’à trois ans de prison.
Ce qui frappe néanmoins dans cette campagne, c’est le relatif silence qui entoure ces tensions. Contrairement aux scrutins précédents, ni les partis ni l’ANIE ne semblent vouloir étaler leurs contentieux sur la place publique, les uns préférant régler leurs différends en coulisses, les autres se limitant à des mises en garde feutrées. Une discrétion qui contraste avec l’agitation visible sur les murs et les réseaux sociaux, où 96 publications ont déjà valu à leurs auteurs des poursuites judiciaires.
L. L.-E
L’ANIE serre les boulons à dix jours du scrutin
