Le dernier rapport de conjoncture du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), publié en juin 2026, dit ce que les chiffres confirment.
L’Algérie est redevenue un acteur incontournable de la sécurité énergétique européenne. Dans un marché mondial sous tension, production en recul, GNL perturbé par les turbulences au Moyen-Orient, prix spot à des niveaux élevés, l’Europe a cherché ses équilibres là où elle pouvait les trouver.
Et c’est l’Algérie qui a répondu.
Entre janvier et mai 2026, les importations européennes de gaz par gazoduc ont progressé de 2%, tirées explicitement, selon le GECF, par la hausse des volumes algériens. Une mention qui ne doit rien au hasard dans un document aussi technique et mesuré.
L’Italie, premier débouché du gaz algérien en Europe, concentre à elle seule 15% des entrées totales de gaz par pipeline dans l’UE sur les cinq premiers mois de l’année, un chiffre qui dit l’importance du corridor méditerranéen sud, dont Alger est la clef de voûte.
Mais c’est sur le long terme que l’enjeu devient véritablement stratégique.
Le GECF consacre un développement au Trans-Saharan Gas Pipeline, ce mégaprojet de 4 100 kilomètres qui reliera le Nigeria à l’Europe via le Niger et l’Algérie, avec une capacité de 30 milliards de mètres cubes annuels. L’Algérie y engage déjà la construction de son tronçon désertique de 1.210 kilomètres. Mise en service projetée : début des années 2030.
Fournisseur utile aujourd’hui, pays de transit structurant demain, le rapport du GECF dessine en creux une Algérie qui n’a pas fini de peser sur la carte énergétique du continent.
S. G.
Gaz algérien vers l’Europe:Le GECF confirme un retour en force
