L’éducation en péril : 85 millions d’enfants sacrifiés par les conflits

Dans un monde où les guerres se multiplient et s’enracinent, l’éducation devient une victime silencieuse, mais tragiquement centrale. Selon les dernières estimations des Nations Unies, 85 millions d’enfants en âge d’être scolarisés sont privés d’école à cause des conflits armés, sur un total de 234 millions vivant dans des zones de crise.
Ce chiffre alarmant révèle une tendance mondiale inquiétante : l’effondrement du droit fondamental à l’éducation, dans des contextes où elle est pourtant vitale pour la survie, la résilience et l’avenir des enfants. À Gaza, la guerre a détruit 95 % des infrastructures éducatives, laissant plus de 660 000 enfants sans accès à l’école. Les établissements scolaires sont transformés en abris de fortune, et les rares espaces d’apprentissage sont menacés par les bombardements.
Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a qualifié cette destruction ciblée de « possible crime de guerre », soulignant l’intention délibérée de priver une génération entière de son avenir.
Au Soudan, près de 19 millions d’enfants sont déscolarisés, et 90 % des écoles sont fermées
ou détruites. Malgré cela, des initiatives comme Education Cannot Wait et l’UNICEF ont permis à plus de 2,4 millions d’enfants de reprendre le chemin de l’école dans des centres temporaires. Des tablettes solaires, des sacs à dos remplis de fournitures et des cours sous tentes sont devenus les nouveaux symboles de l’espoir éducatif.
En Ukraine, les enfants suivent leurs cours dans des stations de métro transformées en salles de classe, illustrant la créativité désespérée des acteurs humanitaires pour maintenir un semblant de normalité dans le chaos. Helena Marsili, responsable de l’éducation d’urgence à l’UNICEF, alerte sur la baisse dramatique du financement humanitaire dédié à l’éducation, qui ne représente que 3 % des fonds alloués par l’Union européenne. Pourtant, comme elle le rappelle : « L’éducation ne sauve pas seulement des vies, elle les change et les préserve. »
Dans les zones de conflit, l’école est bien plus qu’un lieu d’apprentissage : elle protège contre le recrutement armé, les mariages précoces, le travail forcé et les violences sexuelles.
Elle offre un cadre, un soutien psychosocial, une routine salvatrice. Priver un enfant d’éducation, c’est lui voler son présent et hypothéquer son avenir.Face à cette urgence, les Nations Unies appellent à une mobilisation internationale massive, à des financements pluriannuels et à une reconnaissance de l’éducation comme besoin vital en temps de guerre. Car derrière chaque chiffre, il y a des visages, des rêves, des enfants comme Wisam au Soudan, qui dessine des fleurs dans son cahier, malgré les bombes .
Malik.M.