Malgré le retrait de l’Espagne en 1975 et l’occupation qui a suivi, le Sahara occidental n’a jamais perdu son statut de «territoire non autonome» au regard du droit international, affirme l’écrivaine et journaliste espagnole Victoria Corera.
Selon elle, ce territoire demeure soumis à un processus de décolonisation inachevé, tel que reconnu par les Nations unies, et ne s’est jamais intégré légalement à un autre État.
Dans un article publié sur la plateforme «N’oubliez pas le Sahara occidental», Victoria Corera rappelle que l’ONU considère toujours que la question fondamentale de l’autodétermination du peuple sahraoui reste sans réponse. C’est précisément pour cette raison que le Sahara occidental figure encore aujourd’hui sur la liste officielle des territoires en attente de décolonisation.
Ce statut juridique entraîne, souligne-t-elle, des conséquences claires et contraignantes.
Il garantit au peuple sahraoui un droit collectif, reconnu au niveau international, de décider librement de son avenir politique.
Toute solution durable, insiste-t-elle, doit impérativement reposer sur l’expression authentique de cette volonté. En outre, aucun État ne peut prétendre à la souveraineté sur ce territoire par la force, l’occupation ou des accords conclus en dehors du consentement de sa population.
Pour la journaliste, qualifier le Sahara occidental de simple «différend territorial» ou de conflit bilatéral entre États est une présentation trompeuse qui occulte l’essence du problème. Un tel langage, avertit-elle, contribue à banaliser une situation que le droit international n’a jamais reconnue comme normale, en reléguant les droits d’un peuple au second plan au profit de considérations géopolitiques.
Plus de soixante ans après son inscription sur la liste des territoires non autonomes en 1963, alors qu’il était encore sous administration coloniale espagnole, le Sahara occidental demeure ainsi un dossier ouvert au sein du système international. Tant qu’aucun acte valide d’autodétermination n’aura été accompli, conclut Victoria Corera, le processus de décolonisation restera juridiquement en vigueur et la question sahraouie ne pourra être considérée comme réglée.
M. M.
L’écrivaine et journaliste espagnole Victoria Corera: «Le Sahara occidental, un territoire toujours en attente de décolonisation»

