AGhardaïa, le mois sacré de Ramadhan est bien plus qu’une période de jeûne. Il représente un moment privilégié où la spiritualité, la générosité et la solidarité prennent tout leur sens. Profondément attachées à leurs traditions ancestrales, les familles de la région perpétuent avec ferveur les rites et coutumes qui marquent cette période, renforçant ainsi les liens sociaux et la cohésion communautaire.
Dès le début du mois, une atmosphère particulière s’installe dans les foyers et les quartiers. Le rituel du partage du repas de rupture du jeûne avec les voisins constitue un trait distinctif de cette période. Les ménagères préparent avec soin des mets traditionnels et veillent à en offrir une part à leurs voisines, illustrant ainsi l’hospitalité et la convivialité qui caractérisent cette communauté. Certains plats emblématiques sont mis à l’honneur à des moments précis du mois : le « Baghrir » au miel (Thimliyent en tamazight) lors du dixième jour, un copieux couscous à la mi-Ramadhan, et la Chakhchoukha accompagnée d’une sauce aux dattes pour la nuit du Destin. Ces mets sont non seulement partagés entre familles et amis, mais aussi distribués aux passants et aux visiteurs, témoignant du sens profond du partage et de la bienveillance.Le Ramadhan est également une période où les actions de solidarité s’intensifient. Les jeunes enfants qui jeûnent pour la première fois sont honorés et encouragés par leurs familles. À cette occasion, un plat traditionnel de Ghardaïa, appelé « Takdourth » en tamazight, leur est spécialement préparé, perpétuant ainsi une coutume gastronomique transmise de génération en génération.Les mosquées de la wilaya, au nombre de plus de 200, sont, quant à elles, soigneusement entretenues et embaumées d’encens.
Elles connaissent une affluence exceptionnelle, notamment pour les prières nocturnes d’El-Isha et de Tarawih, où les fidèles se rassemblent en grand nombre. De nombreux croyants choisissent leur lieu de prière en fonction de la manière dont les imams récitent les versets du Saint Coran, n’hésitant pas à parcourir de longues distances pour assister à des récitations particulièrement harmonieuses et profondes. Une autre tradition importante perpétuée à Ghardaïa durant le Ramadhan est la récitation continue du Coran dans les mosquées. Des groupes de fidèles se relaient jour et nuit pour psalmodier le Livre saint sans interruption, à l’exception des cinq prières quotidiennes et du repas de rupture du jeûne. Cette pratique est perçue comme une manière de revivifier le souvenir de la révélation du Coran au prophète Mohamed (QSSSL) durant ce mois béni.À travers ces traditions et pratiques spirituelles, le Ramadhan à Ghardaïa demeure un moment de communion, de ferveur et de renforcement des liens sociaux. Ce mois sacré, imprégné de valeurs profondes, continue d’unir la communauté autour de ses coutumes séculaires et de sa foi inébranlable .
L.C.

