Selon Mahfoudh Kaoubi, analyste économique invité sur les ondes de la Radio algérienne, « la logistique est un élément crucial dans l’équation de la productivité et constitue un atout majeur pour le développement économique ». Il insiste sur la nécessité d’améliorer les capacités et les infrastructures de transport, en particulier ferroviaires, indispensables à toute opération de développement.
Le rail, maillon essentiel de la chaîne logistique
L’intervenant rappelle que le secteur ferroviaire accuse un retard important dans la réalisation d’infrastructures, que ce soit pour les lignes ferroviaires ou portuaires. Pourtant, il souligne que « le rail est l’un des éléments indispensables à la chaîne logistique nécessaire à tout développement économique ». À l’appui de son propos, il cite l’exemple de la ligne reliant Tindouf à Gara Djebilet, actuellement en construction, qui sera essentielle à la viabilité des projets d’extraction et de transformation des minerais dans cette région. « Ces lignes doivent être réalisées dans les meilleurs délais et au moindre coût, sinon à quoi bon produire si l’on ne peut acheminer les produits vers les lieux de transformation et d’exportation à temps », argue-t-il. S’inspirant des expériences réussies de pays comme la Chine et les États-Unis, qui ont misé sur le rail pour le transport de marchandises et de voyageurs, M. Kaoubi appelle à « imiter ces pays développés ». Selon lui, le rail offre d’immenses capacités et des délais réduits, en faisant la voie privilégiée après le transport maritime international. Au-delà du rail, l’expert souligne également l’urgence de rattraper le retard dans les infrastructures maritimes, essentielles à l’amélioration des performances logistiques du pays. Il déplore notamment le retard accumulé dans la réalisation du port de Cherchell, qui devait être opérationnel dès 2017, causant ainsi de lourds préjudices économiques. Selon lui, les projets en cours concernant les ports de Djendjen, Oran, Annaba et Béjaïa ne suffiront pas à répondre aux ambitions algériennes en matière de développement économique. Rappelant que la logistique représente entre 8 et 10% des coûts, que ce soit pour les intrants ou les exportations de produits finis, M. Kaoubi insiste sur l’importance de l’amélioration des capacités portuaires pour accroître la compétitivité de l’économie algérienne. « Si on vise une réelle amélioration de la logistique en Algérie, un grand travail nous attend et des projets de réalisation de grands ports devraient être inscrits à l’agenda du gouvernement », préconise-t-il.
La numérisation, catalyseur de la transformation logistique
Enfin, l’intervenant souligne le rôle essentiel de la numérisation dans la transformation de la logistique. Selon lui, « la transformation numérique est indispensable pour la transformation des logiques comportementales, aussi bien dans l’administration que dans la sphère économique ».
Il exhorte à « accélérer la cadence de la digitalisation, en accélérant notamment le taux d’avancement de réalisation du Data Center, actuellement à 70% ». Pour réussir cette transition numérique, M. Kaoubi appelle à « une réelle réforme administrative des structures de l’État », afin d’encourager les opérateurs à investir rapidement, sans perte de temps. « Le temps économique n’est pas nécessairement le même que le temps administratif », rappelle-t-il, insistant sur la nécessité d’adapter la vitesse de l’administration à celle du secteur économique .
Farid B.

