Le projet du gazoduc transsaharien(Algérie-Niger-Nigéria) avance à grands pas: Alger prend de l’ avance sur Rabat

En réunissant, hier, le ministre du Pétrole de la République du Niger, Sahabi Oumarou et le ministre d’Etat chargé des Ressources pétrolières de la République fédérale du Nigeria, Ekperikpe Ekpo, avec Mohamed Arkab, ministre d’Etat, ministre de l’Energie, des Mines et des Énergies renouvelables, Alger prend de l’avance dans ce qui semble être une guerre du gaz, sur le voisin de l’Ouest.
Le gazoduc devant relier le Nigeria à l’Europe, le Trans-Saharan Gas Pipeline (TSGP), devient de plus en plus réalisable, alors que le Nigeria-Morocco Gas Pipeline (NMGP), conçu par le régime de M6, peine à mobiliser les ressources, à convaincre les 13 pays partenaires et surtout à séduire les européens. Au Centre international des conférences (CIC), Abdelatif Rahal, il était question entre Alger, Abuja et Niamey, dont les ministres en charge du secteur de l’énergie se sont retrouvés pour la quatrième réunion ministérielle du Comité de pilotage du projet, d’évaluer l’état d’avancement de la feuille de route adoptée lors de la dernière réunion ministérielle, tenue au Nigéria.
Un groupe de travail composé d’experts des trois pays, ainsi que de représentants des entreprises Sonatrach (Algérie), SONIDEP (Niger) et NNPC (Nigeria), avait été mandaté pour évaluer les progrès réalisés et identifier les défis restants. Au-delà des conclusions de cette réunion, sa tenue envoie un signal fort à l’Europe et aux éventuels sponsors internationaux qui seraient intéressés par le financement du TSGP. L’avancement dans les étapes précédant la réalisation du projet constitue un gage de sécurité pour les pays européens qui suivent de près le dossier, surtout que le projet concurrent lancé par Rabat en 2016 semble rencontrer de multiples difficultés au regard de son coût élevé, de sa longueur et de ses délais de réalisations lointains.
En effet, le NMGP censé partir du Nigeria jusqu’au Maroc, en longeant la côte atlantique, pour et
desservir les pays européens via l’Espagne, devra traverser les côtes de 11 autres pays (Bénin, Togo, Ghana, Côte d’Ivoire, Liberia, Sierra-Leone, Guinée-Bissau, Guinée, Sénégal, Gambie et Mauritanie), outre le Mali et le Burkina-Faso, par dérivations. Long de 5400 km, son coût est estimé à 25 milliards de dollars pour un délai de réalisation de 25 ans, avec tous les risques d’éventuels changements de politiques, au gré de nouveaux dirigeants dans chaque pays. L’autre obstacle vient aussi du dernier verdict de la Cour de justice européenne qui, fin 2024, avait invalidé tous les accords commerciaux entre le Maroc et l’UE qui incluent le territoire du Sahara occidental.
Et pour cause, dans son projet de NMGP, le régime du Makhzen n’a, à aucun moment, mentionné qu’il va traverser les côtes du Sahara occidental. Or, rien ne passera vers l’Europe sans l’accord de la RASD. Devant toutes ces difficultés, le projet TSGP porté par l’Algérie avec ses deux partenaires du Nigéria
et du Niger bénéficie de toutes les conditions de réussite dans les plus brefs délais, surtout qu’il mobilise seulement trois États. De plus, sa distance de 4128 km, inférieure à celle du NMGP, et dont 1 037 km en territoire nigérian, 841 km au Niger et 2 310 km en Algérie, fait que sa réalisation prend moins de temps. Sans oublier son coût qui reviendrait moins cher, à seulement 13 milliards de dollars, soit la moitié du NMGP. Le gazoduc transsaharien permettra donc à terme, d’acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian vers l’Algérie en passant par le Niger, avant de les transférer vers l’Europe via le Transmed, qui relie le pays à l’Italie en passant par la Tunisie, outre le transport par des méthaniers du GN .
Farid. B

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