Le Président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a vigoureusement dénoncé samedi dernier le soutien à des milices et à des «armées parallèles», affirmant le refus catégorique de l’Égypte face à toute tentative visant à diviser les pays de la région ou à démembrer leurs territoires.
S’exprimant à l’occasion de la célébration du 74e anniversaire de la fête de la Police, le chef de l’État a déclaré : «Partant de ce que vivent certains pays, des tentatives qui sont devenues un schéma récurrent, l’Égypte réaffirme son rejet absolu et catégorique de toute démarche visant à diviser les États de la région, à détacher des parties de leurs territoires, ou à créer des milices et des entités parallèles aux armées et aux institutions nationales légitimes.»
Il a ajouté, selon un reportage de la chaîne d’information Al-Qahera, que son pays «considère ces pratiques dans les États de son voisinage comme une ligne rouge qu’il ne permettra pas de franchir, car elles affectent directement la sécurité nationale de l’Égypte.»
Le Président a poursuivi en soulignant : «Les milices ne protègent pas les pays. Les États qui ont imaginé que la création de milices pouvait jouer un rôle dans la protection des régimes ont vu ces milices se transformer en un instrument de destruction des nations.»
Il a réitéré que l’Égypte ne s’est jamais et ne s’engagera jamais dans aucune conspiration contre un pays frère. Au contraire, elle est devenue un refuge sûr pour des millions de ressortissants d’autres pays qui y ont trouvé la tranquillité et la stabilité. Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions régionales croissantes. Plus tôt ce mois-ci, le Caire avait souligné la convergence des positions égyptienne et saoudienne concernant les crises au Soudan, en Somalie, dans la bande de Ghaza et au Yémen.
Les remarques du Président al-Sissi surviennent également alors que les divergences s’accentuent entre l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite reconnu internationalement basé à Aden, et les Émirats arabes unis, accusés de soutenir les forces séparatistes dans le sud du Yémen.
Au Soudan, les Émirats sont accusés de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR), une milice en guerre contre l’armée régulière depuis près de trois ans. Les relations entre la Somalie et Abou Dhabi sont également tendues, Mogadiscio accusant les Émirats de «menées hostiles sapant la souveraineté du pays» et de soutenir la sécession de la région du «Somaliland».
Malik M.
Le président égyptien met en garde contre un «schéma récurrent» de déstabilisation:Al-Sissi dénonce les «armées parallèles»

