Le Parquet fait appel du verdict contre Naghza, Sahli et Hammadi: L’affaire portée devant la Cour suprême

Visiblement, l’affaire dite de «l’achat de signatures et de parrainages» va encore occuper la chronique judiciaire pendant quelques jours, voire semaines, avant que la Cour suprême ne tranche définitivement. Et pour cause, le procureur général près la Cour d’Alger a fait appel contre le verdict prononcé le 9 juillet dernier par la même juridiction. Les trois candidats à la candidature pour l’élection présidentielle du
7 septembre 2024, à savoir Saïda Naghza, ex-présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), Belkacem Sahli, président de l’Alliance nationale républicaine (ANR) et Abdelhakim Hammadi, directeur d’un laboratoire de produits vétérinaires et activiste politique, actuellement en détention, avaient écopé d’une peine de 4 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars. Le parquet avait requis 10 ans de prison ferme contre eux. Lors du même procès en appel, 80 autres accusés poursuivis dans l’affaire, dont trois fils de Saïda Neghza, des élus locaux et des membres de l’organisation patronale CGEA, ont vu leurs peines réduites. Des prévenus ont été condamnés à 3 ans de prison ferme, assortie d’une amende de 200 000, 26 parmi eux ont écopé de 2 ans de prison ferme et d’une amende de 100 000 DA dont deux fils de Mme Neghza, alors que 41 ont vu leur peine réduite à 18 mois de prison ferme et 20 000 DA d’amende. Mais voilà qu’un mois après, le procureur porte l’affaire devant la Cour suprême, contestant le verdict, au même titre d’ailleurs que les avocats des prévenus, selon Echourouk online. En effet, «la défense des trois ex-candidats à la candidature à la présidentielle du 7 septembre 2024, devra déposer sa requête dans quelques jours», attendre la réponse de la Cour suprême
qui devra statuer.
L’affaire avait, rappelons-le, défrayé la chronique et fait couler beaucoup d’encre, lorsque Lotfi Boudjemâa, alors procureur général près la Cour d’Alger, annoncé fin juillet 2024, l’ouverture d’une enquête approfondie, diligentée par les services de la Sécurité intérieure, concernant des faits liés à «l’achat de parrainages d’élus par certains prétendants à la candidature».
Plus d’une cinquantaine de personnes, principalement des élus, «avaient reconnu avoir reçu de
l’argent en échange de leur soutien à certaines candidatures», avait révélé alors Boudjemâa, alors qu’une dizaine d’autres avaient servi «d’intermédiaires dans la collecte et la remise de fonds». Une fois l’affaire enrôlée, les prévenus dont les trois candidats à la candidature, ont été poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation dont «octroi d’indus avantages, trafic d’influence, offre ou promesse de dons en numéraire en vue d’obtenir ou de tenter d’obtenir des voix d’électeurs, abus de fonction, obtention de dons en numéraire ou de promesses de voix électorales et escroquerie » .
Farid B.