Le Pape a quitté l’Algérie en direction du Cameroun: Les leçons d’une visite !

Le Pape Léon XIV a quitté, hier, l’Algérie au terme d’une visite officielle qu’il avait entamée lundi dernier, à l’invitation du président de la République, pour poursuivre son périple africain, laissant des images indélébiles et des leçons historiques. Sa visite en Algérie était intense, très chargée et à la symbolique qui dépasse les aspects protocolaires, diplomatiques et politiques.
Sa visite et son déroulement, dans un esprit de rencontres et de dialogue, témoignent que l’Algérie est loin d’être ce pays qu’on présente ailleurs et qu’on dit fermé sur lui-même.
Le pays a montré un esprit d’ouverture, d’acceptation et où le vivre ensemble dans le respect et le partage n’est pas un vœu pieux.
Les messages de bienvenue au chef de l’église catholique, émanant des partis politiques, des institutions, des organisations de la société civile et les milliers de commentaires bienveillants sur les réseaux sociaux sont là pour prouver que l’Algérie est une terre d’hospitalité et de tolérance.
La visite a permis aux Algériens de découvrir saint Augustin et l’histoire lointaine du pays.
La principale leçon de la visite est que la fraternité et l’humanité transcendent toutes les autres considérations d’ordre religieux, idéologiques ou politiques.
Dans ses nombreux messages lancés à Alger et à Annaba, le Pape a toujours plaidé en faveur de la paix, du dialogue et de la fraternité. «Pendant 48 heures, l’Algérie aura découvert pour la première fois ce qu’est un chef de l’Église catholique, et qui est en particulier Léon XIV, un homme venu en pèlerin de paix dans ce pays à très grande majorité musulmane et dont il aura salué à plusieurs reprises la culture de l’accueil et de l’hospitalité», a écrit, hier, le journal du Vatican, Vatican News, qui a évoqué un premier voyage de l’histoire d’un Pape en terre algérienne. Léon XIV a rejoint un peuple avide de le rencontrer, et aura fait passer des messages d’unité, de concorde et d’encouragement, a ajouté le même organe.
La visite de Léon XIV à la Grande Mosquée d’Alger est sans doute l’image qui a le plus marqué. Son apparition avec le recteur de la Grande Mosquée d’Alger a fait le tour du monde et a frappé les esprits ; témoignant que le dialogue des religions est possible. «Voir le Pape et le recteur de la mosquée marcher côte-à-côte en silence est une image extrêmement forte parce qu’elle ne va pas de soi du tout», a commenté l’archevêque d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco.
L’autre leçon est liée à l’affirmation de la profondeur de l’histoire du pays et de sa contribution à la civilisation humaine. Saint Augustin, né sur la terre algérienne, il y a près de 15 siècles, est considéré comme le cerveau de l’Église catholique et sa pensée a illuminé le monde occidental.
La présidente de l’association France-Algérie, Ségolène Royal, n’as pas manqué de commenter les déclarations du pape Léon XIV sur l’Algérie, saluant «une belle leçon d’histoire face à certains discours remettant en cause l’existence du pays avant la colonisation». «Merci pour cette belle leçon d’histoire qui répond en vérité à ceux qui répètent qu’avant la colonisation, il n’y avait rien, l’Algérie n’existait pas», a-t-elle écrit dans un message sur X. Elle espère, ainsi, voir les propos du souverain pontife inspirer une prise de position officielle en France. «Je me mets à espérer que ces mots élevés du chef d’état du Vatican servent d’exemple, un jour, à une parole d’état française, avant qu’il ne soit trop tard (…). Ce jour viendra, je ferai tout pour cela. Car c’est la base d’une réconciliation forte et créative que nous devons aux jeunes générations des deux rives de notre Méditerranée commune», a-t-elle conclu.
Fateh H.