Le nouveau guide suprême de la révolution islamique d’Iran, Mojtaba Khamenei, a prononcé jeudi son premier discours officiel depuis sa désignation, il y a quatre jours, à la suite du décès de son père, Ali Khamenei, lors d’une frappe imputée à une coalition israélo-américaine. Dans une allocution à la fois solennelle et martiale, il a multiplié les avertissements à l’encontre des ennemis de la République islamique.
Un hommage appuyé aux «martyrs» t une promesse de vengeance
S’exprimant pour la première fois en tant que chef de l’État, Mojtaba Khamenei a tenu à exprimer sa compassion envers les familles endeuillées par le conflit, puisant dans son expérience personnelle pour créer un lien avec la population.
« À côté de la perte de mon père, qui est une épreuve pour la nation tout entière, j’ai personnellement dit adieu à mon épouse fidèle et bien-aimée, ainsi qu’à ma sœur dévouée – qui a consacré sa vie au service de ses parents – et à son jeune enfant et son mari », a-t-il déclaré. Après ces condoléances, le nouveau guide a adopté un ton résolument plus offensif, saluant le courage des forces armées. Selon lui, l’armée et les Gardiens de la Révolution ont « empêché le démembrement du pays ».
Revenant sur les circonstances de son accession au pouvoir, il a révélé avoir appris sa nomination par le Conseil des experts en regardant la télévision nationale, un détail visant à souligner la transparence et la rapidité de la transition.
« Le détroit d’Ormuz doit rester fermé »
Le cœur du discours de Mojtaba Khamenei a été consacré à la riposte. Dans un passage particulièrement suivi par les observateurs internationaux, il a abordé la question stratégique du détroit d’Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole mondial.
« Dans les circonstances actuelles, le détroit d’Ormuz doit rester fermé », a-t-il martelé, appelant également à la « fermeture immédiate de toutes les bases américaines dans la région ».
Il a justifié cette position en affirmant que certaines de ces bases avaient été utilisées lors de l’attaque ayant coûté la vie à son prédécesseur. « Nous conseillons à ces pays de fermer rapidement leurs installations à toute activité militaire étrangère. Si elles continuent d’être utilisées contre nous, nous serons contraints de les prendre pour cible. »
Le guide suprême a promis de ne faire preuve d’« aucune clémence » pour venger le sang versé, insistant sur le fait que cette quête de justice concerne non seulement l’assassinat de l’ancien guide, mais aussi tous les civils tués depuis le début des hostilités. Il a cité explicitement le bombardement de l’école « Shajareh Tayyebah » à Minab, affirmant que ce type de « crime délibéré » ferait l’objet d’une poursuite spécifique. « Nous exigerons des compensations. Si elles ne sont pas payées, nous les prendrons par la force, ou nous détruirons des biens ennemis d’une valeur équivalente. »
Mojtaba Khamenei a par ailleurs renouvelé l’engagement de l’Iran aux côtés de ses alliés régionaux. Qualifiant les membres de l’« axe de la résistance » de « meilleurs amis de l’Iran », il a loué le soutien du Yémen à Gaza, la solidarité du Hezbollah avec Téhéran et le rôle des factions irakiennes. « La coopération au sein de cet axe est la voie la plus courte pour se débarrasser de la fitna (la discorde) sioniste », a-t-il déclaré. Enfin, dans une conclusion restée volontairement ambiguë, le nouveau guide a évoqué la possibilité d’une escalade. « Des études ont été menées concernant l’ouverture de nouveaux fronts, là où l’ennemi manque d’expérience et est vulnérable. Si la guerre se poursuit, de nouveaux fronts pourraient être ouverts, si l’intérêt supérieur du pays l’exige. »
Une cyberattaque perturbe les services en ligne israéliens
Parallèlement à ces déclarations belliqueuses, la tension s’est également manifestée dans le cyberespace. La chaîne israélienne Kan 11 a rapporté jeudi que les serveurs gouvernementaux de l’entité sioniste, notamment le portail officiel gov.il, ont été la cible d’une importante cyberattaque.
Selon les informations rapportées, l’attaque, de type « déni de service distribué » (DDoS), a submergé les serveurs de requêtes, entraînant l’interruption temporaire de plusieurs services en ligne. Des sources officielles israéliennes ont confirmé l’ampleur de l’incident, le qualifiant d’« attaque majeure », tout en assurant qu’elle avait été « contenue et traitée ».
Par ailleurs, un dysfonctionnement distinct a été détecté tôt jeudi matin sur un composant du réseau de communication, compliquant l’accès à certains services gouvernementaux, sans qu’il soit possible de déterminer immédiatement s’il s’agissait d’une conséquence retardée de l’attaque ou d’un incident technique indépendant.
Dans un incident connexe, toujours selon Kan 11, des écrans publicitaires dans plusieurs gares ferroviaires ont été brièvement piratés, affichant des messages non-autorisés, symptôme supplémentaire d’une guerre hybride qui ne se limite plus au champ de bataille conventionne.
Malik.M.

