Le mouvement «Bloquons tout» paralyse aujourd’hui le pays:La France face à sa crise !

Lorsque Paris faisait fixation sur l’Algérie, durant tout l’été avec une crise diplomatique où la France voulait sans succès imposer sa tutelle sur le gouvernement algérien, c’était pour braquer les regards des françaises et des français de la crise interne que vit le pays. Une crise politique, économique et sociale qui explose aujourd’hui, à la figure du Président Emmanuel Macron et de son gouvernement dirigé par François Bayrou, lui-même destitué lundi par l’Assemblée nationale. Avec le mouvement «bloquons tout le 10 septembre» prévu ce mercredi dans toute la France, le pouvoir politique fait face à la colère citoyenne qui rejette et la feuille de route du gouvernement et la gouvernance de Macron dont le deuxième mandat est plus que jamais compromis.
Des portes du périphérique parisien aux rocades en province en passant par les grandes gares, universités ou entreprises de France, on estime les initiatives d’une mobilisation citoyenne à près de 100 actions en Île-de-France et plus de 600 en régions, selon un bilan provisoire lundi soir qui s’appuie sur une carte collaborative. Commerces, raffineries, hôpitaux, éboueurs, usines…, de nombreux salariés et syndicats de travailleurs ont prévu de bloquer leurs entreprises. Ministre de l’Intérieur démissionnaire (LR), Bruno Retailleau a annoncé la mobilisation de 80 000 gendarmes et policiers. La France est en état de guerre !
Voilà donc à quoi ressemblera la France ce mercredi, au lendemain de la démission du gouvernement Bayrou. Après avoir largement perdu le vote de confiance lundi à l’assemblée nationale (194 voix pour, 364 contre), ce dernier nommé Premier ministre en décembre, a remis hier, sa démission au président Macron. En attendant la nomination de son successeur, dans «les tout prochains jours», selon l’élysée, il expédie les affaires courantes.
Le chef de l’état, sans majorité au Parlement, est en passe de désigner un cinquième chef du gouvernement depuis le début de second quinquennat en 2022. François Bayrou a, en effet, succédé à Elisabeth Borne, Gabriel Attal et Michel Barnier, sans compter Edouard Philippe et Jean Castex durant le premier mandat. Un record pour le locataire de l’élysée qui semble désormais dans le viseur des organisateurs des manifestations, en plus d’une grande partie de la classe politique, notamment la gauche radicale. Du refus, en juillet dernier, «de la suppression de deux jours fériés, au rejet de l’ensemble du projet de budget de François Bayrou», les mots d’ordre du mouvement ont pris une autre tournure «depuis fin août», analyse pour Les Echos, Véronique Reille Soult, spécialiste de l’étude des réseaux sociaux. «Ce qui est réclamé désormais, c’est le départ d’Emmanuel Macron. Ce mot d’ordre est d’autant plus dangereux qu’il est simple et transpartisan. C’est un terreau favorable pour créer une mobilisation forte par la convergence», a-t-elle expliqué.
De son côté, La France insoumise (LFI), a déposé une motion de destitution du Président de la République. Pour son chef, Jean-Luc Mélenchon, «le pays a besoin d’un moment refondateur» que «seule une nouvelle présidentielle le permet». «Les français doivent pouvoir choisir entre la politique de casse des services publics et celle de la relance écologique et sociale», a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle. C’est dire enfin, que Paris qui usait de tous les qualificatifs pour s’attaquer à l’Algérie, a beau s’occuper de ses affaires internes avant de s’immiscer dans celles d’un pays qui continue sa marche sur la voie de la stabilité et du développement .
Farid B.