Le MNA face aux défis mondiaux: L’appel d’Ahmed Attaf pour un nouvel ordre international équitable

Le ministre d’État des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, M. Ahmed Attaf, a prononcé hier mercredi depuis Kampala, en Ouganda, une allocution marquante lors de l’ouverture de la 19e Réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés (MNA). Représentant le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, il a insisté sur la nécessité pour le Mouvement de porter une vision renouvelée face aux enjeux interconnectés de la sécurité et du développement.
Placée sous le thème «Approfondir la coopération pour une prospérité mondiale partagée», cette session a été l’occasion pour le chef de la diplomatie algérienne de souligner la pertinence persistante de l’esprit de Bandung. M. Attaf a estimé que le MNA est plus que jamais «appelé à faire entendre sa voix» pour promouvoir l’adoption d’une approche radicalement nouvelle dans la gestion des défis mondiaux.
Selon lui, cette refonte des relations internationales doit prioritairement viser à «rétablir la confiance entre le Nord et le Sud». Cela passe, a-t-il précisé, par l’établissement de partenariats authentiques, fondés sur l’égalité souveraine, le respect mutuel et une coopération fructueuse, en opposition aux logiques de domination, de dépendance et d’exclusion qui ont longtemps prévalu.
Le ministre a également appelé à une réforme en profondeur des institutions internationales, qu’il a jugées structurellement dysfonctionnelles. Il a cité, entre autres, la nécessité de revoir le fonctionnement du Conseil de sécurité des Nations Unies, de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), pour les rendre plus représentatifs et plus efficaces.
Enfin, M. Attaf a plaidé pour la concrétisation effective des engagements internationaux en faveur du développement durable. Il a énuméré plusieurs leviers prioritaires, dont le financement du développement, la gestion de la crise de la dette, la justice climatique, le renforcement de la bonne gouvernance, ainsi que le soutien à l’innovation et le transfert de technologie vers les pays en développement. Autant de piliers, selon lui, pour construire une prospérité véritablement partagée et un ordre international plus juste .
Lamine N.