Avec du recul, les chiffres annoncés par le ministre de l’Education nationale, concernant le taux de réussite à l’examen du bac, session juin 2025, interpellent.
Si au niveau du ministère de tutelle, le nombre de lycées publics et privés ayant enregistré
100% de réussite, « est un signe de complémentarité des efforts de la famille éducative, pour assurer les conditions de la réussite », chez les syndicats, une lecture plus approfondie est nécessaire, afin d’élever le niveau de nos futurs bacheliers. Pour Zoubir Rouina, secrétaire général du Conseil des lycées d’Algérie (CLA), qui relève « un recul » dans le taux de réussite de 51,57% comparativement
à 2024 (58,28%), soit la moitié des candidats recalés, le travail doit se faire à longueur de l’année. «Nous insistons sur la présence obligatoire et le suivi des élèves durant l’année scolaire, pour mieux situer les failles », dit-il, non sans mettre le doigt sur « les moyens et les conditions nécessaires » à l’exercice des enseignants, qui relève de la responsabilité du ministère.
L’examen du bac est certes, « une étape importante », souligne Rouina, mais il faut, selon lui, remonter à l’orientation qui généralement «ne se fait pas sur des paramètres scientifiques ». « L’exemple de la filière science de gestion et économie vers laquelle sont envoyés un nombre importants d’élèves, constitue-t-il un choix de volonté ou par défaut pour ceux qui rencontrent des difficultés dans les filières scientifiques en 1ère année ? », se demande-t-il.
De son côté, Boualem Amoura, secrétaire général du Satef (Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation), tire la sonnette d’alarme sur « le fait que le taux de réussite national ne dépasse pas les 60% depuis de longues années », ce qui est « inacceptable », pour le développement du l’école publique algérienne. « Nous entamons l’année 2026, et nous nous intéressons toujours aux chiffres qui ne reflètent pas le vrai niveau des élèves », regrette-t-il. Et pour cause, « les élèves des filières scientifiques n’ont pas forcément une base solide dans les matières essentielles. Preuve en est, la tutelle reconnaît que 65% des nouveaux bacheliers recalent à la première année à l’université », constate le syndicaliste.
Pour le SG du Satef, il est temps de « se concentrer sur les moyens et mécanismes permettant aux élèves d’acquérir un bon niveau » et « mettre fin à la comparaison inutile des taux de réussite entre wilayas et établissements ». Quoi qu’il en soit, le ministère de l’Education nationale vient de lancer « une évaluation approfondie » des résultats obtenus au baccalauréat « afin d’exploiter les données et conclusions dans l’élaboration des stratégies futures, pour améliorer le rendement des élèves à travers tous le pays », a annoncé Mohamed Seghir Saâdaoui .
Farid B.

