Malgré tout «le bruit diplomatique» que tente le régime du Makhzen pour vendre son prétendu plan d’autonomie au Sahara occidental, la réalité de la légalité internationale vient lui rappeler le véritable statut de ce territoire.
Ce mercredi, le Conseil de sécurité de l’ONU votera le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO), à l’occasion d’une réunion, la quatrième du genre durant ce mois après celles du 3, du 10 et du 17 octobre, concernant ce dossier. Le mandat de la MINURSO expire pour rappel demain, 31 octobre. Son renouvellement confirme, si besoin est, que la cause sahraouie demeure intimement liée à la décolonisation et au respect de la volonté du peuple, seul à même de décider de son avenir.
Le défi auquel fait face désormais l’ONU est celui de doter la MINURSO de moyens à et de mécanismes à même d’imposer le respect des droits de l’homme dans les territoires occupés par le Maroc.
Dans son rapport présenté début octobre, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, qui a demandé à ce que le mandat de la mission soit prorogé d’une année, a estimé qu’elle est le «témoin de la volonté de l’Organisation des Nations unies et de la communauté internationale de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable du conflit du Sahara occidental». Guterres a également appelé l’armée d’occupation marocaine à «s’abstenir de mener toute activité militaire qui pourrait, directement ou indirectement, entraver les opérations de la MINURSO à l’est du mur de sable».
Plusieurs pays ont joint leurs voix à cet appel d’ailleurs, faisant de cette exigence si elle venait à être adoptée, un autre pas en avant dans l’accession du peuple sahraoui à l’autodétermination à travers la tenue du référendum. Dans une déclaration conjointe, le président de l’Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa qui recevait dernièrement le président de la République sahraouie, Brahim Ghali, a appelé le Conseil de sécurité à «veiller à l’application par la MINURSO de sa mission fondamentale, à savoir favoriser la tenue d’un référendum ». «La MINURSO devrait également être mandatée pour contrôler, protéger et établir des rapports sur les droits de l’Homme, mais également protéger les ressources naturelles contre tout pillage illégal », soulignait la Déclaration commune. Devant ces appels, seul le Maroc se dresse comme obstacle à une paix durable dans la région, a commenté hier, le représentant du Front Polisario à l’ONU et coordonnateur de la MINURSO, Sidi Mohamed Amar. «L’entrave à la mission onusienne est due aux restrictions imposées par l’Etat marocain occupant, ainsi qu’à l’inaction de certaines grandes puissances pour adopter une position décisive garantissant l’application effective des résolutions du Conseil de sécurité», a-t-il déclaré à l’APS. Tout en rappelant que «la Charte des Nations Unies donne au Conseil de sécurité tous les pouvoirs et outils nécessaires pour assurer l’application de ses décisions», les progrès dépendent fondamentalement, a-t-il insisté, «d’une volonté politique réelle de ses membres permanents, notamment des pays décisionnels». En outre, le diplomate sahraoui a souligné que «l’alliance militaire et de renseignement entre le Maroc et l’entité sioniste constitue un danger pour la sécurité et la stabilité de la région, au moment où le Maroc cherche à attirer des alliés pour soutenir ses politiques expansionnistes ». Cependant, a-t-il conclu, le peuple sahraoui reste « déterminé » à poursuivre sa lutte, considérant que la victoire est la seule option pour arracher la liberté et la souveraineté .
Farid.H.

