Le doute n’est plus permis. La présidence allemande a confirmé, mardi dernier, que le président Abdelmadjid Tebboune effectuera bien une visite d’État à Berlin le 16 juillet prochain, où il sera reçu avec les honneurs militaires avant un entretien avec son homologue Frank-Walter Steinmeier.
Un protocole réservé aux rencontres de tout premier rang, qui en dit long sur l’importance que l’Allemagne accorde désormais à sa relation avec Alger.
Ce déplacement n’a rien d’improvisé. Dès le mois de mai, l’ambassadeur d’Allemagne en Algérie, Georg Felsheim, en avait dévoilé les contours lors d’une rencontre organisée par la Fondation Konrad Adenauer consacrée à l’innovation et aux startups, précisant qu’il répondait à une invitation personnelle du président fédéral. Ce qui change aujourd’hui, c’est que Berlin lui-même vient d’en acter officiellement la tenue, transformant une annonce diplomatique en rendez-vous solennel entre deux chefs d’État.
Car derrière le faste protocolaire se dessine un agenda économique particulièrement dense, à la mesure des ambitions des deux capitales.
L’Allemagne considère de plus en plus l’Algérie comme un partenaire incontournable pour sa sécurité énergétique, le gaz algérien et l’hydrogène vert figurant parmi les priorités des discussions à venir. Sonatrach s’est d’ores et déjà imposée comme un fournisseur de référence auprès des grands opérateurs allemands, une position qui ne devrait faire que se consolider à l’issue de cette visite. L’industrie n’est pas en reste. Fin juin, six entreprises allemandes spécialisées dans la chaîne de valeur automobile ont mené une mission de prospection en Algérie, avec un objectif limpide : renforcer le taux d’intégration locale et jeter les bases de partenariats durables sous forme de joint-ventures.
Loin de la simple logique commerciale, c’est un véritable transfert de savoir-faire vers l’Algérie que privilégient les industriels allemands, signe d’une coopération pensée sur le long terme plutôt que dans une logique purement transactionnelle.
Les échanges devraient également s’étendre à la recherche scientifique, au soutien à l’écosystème algérien des startups ainsi qu’aux investissements dans les énergies renouvelables, autant de domaines où l’expertise allemande pourrait accompagner la diversification économique engagée par l’Algérie.
Un spectre de coopération large, qui illustre la maturité atteinte par une relation bilatérale appelée, à
l’issue de cette visite d’État, à franchir un nouveau palier stratégique entre Alger et Berlin.
Lotfi L.-E.
