Devant les membres de la Commission de l’équipement et du développement local du Sénat, Saïd Sayoud a défendu le nouveau projet de loi portant Code de la route, contesté dans son chapitre lié aux sanctions, par les chauffeurs de bus, de taxis et de camions qui ont déclenché une grève sauvage.
En effet, malgré la pression et les conséquences de cette grève sur la vie des citoyens depuis trois jours, le gouvernement ne veut pas faire de cadeaux aux contestataires.
La sécurité des citoyens qui «est l’une des priorités du Président de la République» comme l’a expliqué hier le ministre de l’Intérieur des Collectivités locales et des Transports, passe avant tout. Devant ladite Commission du Conseil de la nation, Sayoud s’est montré droit dans ses bottes expliquant que ce projet visait à «renforcer le dispositif juridique dans le domaine de la sécurité routière de façon à renouveler les règles de circulation pour garantir la sécurité des usages».
«Le phénomène des accidents de la route n’est pas seulement un phénomène de chiffres mais un défis auquel est confrontée la société», a défendu le ministre de l’Intérieur, insistant que «pour la première fois, le projet de loi situe les responsabilités de toutes les parties dont celle du chauffeur et des conditions dans lesquelles il assume cette tâche» en cas d’accidents, dans une allusion aux fameuses peines de prison contenues dans le texte adopté déjà par l’APN.
Expliquant que ce projet était «le résultat d’un travail de coordination entre plusieurs secteurs en plus du ministère de l’intérieur, à l’instar de la Justice et des services de sécurité dont la Sûreté et la
gendarmerie nationale», Saïd Sayoud à soutenu qu’il «reflète une bonne volonté et vision politique claire pour bâtir une société qui respecte l’ordre et valorise la vie». Ce projet «affirme que la sécurité des citoyens est l’une des priorités du Président de la République et un engagement de l’état envers son peuple pour la préservation de la paix et de la sécurité», défend encore le ministre à la fin de sa présentation.
À travers son argumentaire, il apparaît évident que l’Exécutif ne compte pas céder face à la pression des grévistes. Mais, au Sénat, le projet peut aboutir à la constitution d’une commission paritaire pour débloquer la situation sur d’éventuelles réserves.
En attendant, sa présentation en plénière le 21 janvier prochain, le projet au centre du bras de fer entre les transporteurs et le gouvernement «ne ne saurait être réduit à une simple logique punitive», explique Mme Hassiba Kouasmia, sous-directrice de la circulation routière au ministère de l’Intérieur, qui s’exprimait sur les ondes de la Radio nationale.
Fort de 190 articles et fruit d’un travail concerté et multisectoriel, il redéfinie la stratégie nationale de sécurité routière sur la base de plusieurs piliers dont l’éducation et la formation, la prévention et la sensibilisation, la numérisation des données, mais aussi un dispositif de dissuasion proportionné.
Classées en quatre niveaux de gravité, les infractions peuvent aller de la simple contravention jusqu’au délit ou au crime dans les cas les plus graves, menant à la prison notamment lorsque la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants entraîne des blessures ou des décès.
Farid B.
Le gouvernement défend son projet de nouveau code de la route: Sayoud: «la sécurité des citoyens est une priorité»

