Lors d’un séminaire national sur la numérisation des services bancaires en Algérie, tenu mardi à Tizi-Ouzou, universitaires et professionnels du secteur bancaire se sont accordés sur le rôle clé du e-paiement dans la lutte contre le commerce informel. Les transactions financières numériques, par leur nature déclarée et identifiée, permettent en effet d’absorber la masse monétaire circulant en dehors du circuit bancaire.
Le Pr Farid Yaici, économiste-consultant à l’université de Bejaia, a affirmé que le e-paiement constitue « l’un des facteurs pouvant contribuer à réduire l’informel », aux côtés d’autres mesures comme l’amélioration du climat des affaires, la digitalisation et la bancarisation. Aziz Hamroun, cadre à la Cnep-banque, a souligné que la généralisation des moyens de paiement électronique comme le e-paiement et le mobile-paiement permettrait de limiter les retraits de salaire intégraux, une pratique encourageant l’économie informelle faute d’alternatives numériques pour les dépenses courantes.
Cette démocratisation des transactions dématérialisées aurait pour effet de maintenir une partie des salaires dans le circuit bancaire, participant ainsi à la résorption du secteur informel. Des progrès sont d’ores et déjà engagés avec la numérisation des paiements d’impôts, de douanes et d’amendes.
Cependant, les intervenants ont pointé la nécessité d’efforts supplémentaires de la part des pouvoirs publics pour favoriser l’adoption du e-paiement par les citoyens. Une diversification des solutions, comme le mobile-paiement très prisé, permettrait de lever les freins à l’utilisation encore trop limitée des terminaux de paiement électronique.
Avec déjà 17 millions de cartes Edahabia en circulation et 54.000 terminaux de paiement, l’Algérie dispose d’un socle pour asseoir la transition numérique. Mais le véritable levier réside dans l’accélération de la démocratisation du e-paiement, vecteur de bancarisation, de traçabilité des transactions et, à terme, de réduction significative du commerce informel.
M.M.
Le e-paiement : Un levier pour réduire l’économie informelle en Algérie

