Le Darfour en crise :L’aide humanitaire s’organise face à la famine et aux violences

Alors que les combats se poursuivent dans plusieurs localités assiégées du Darfour, à l’ouest du Soudan, les agences humanitaires des Nations unies redoublent d’efforts pour apporter une aide alimentaire aux populations touchées par le conflit et menacées par la famine. Samantha Chattaraj, coordinatrice des urgences du Programme alimentaire mondial (PAM) pour le Soudan, a témoigné depuis Port-Soudan lors d’un point de presse à Genève, décrivant une situation alarmante sur le terrain.
Les rapports font état de près de 450 000 personnes, déjà confrontées à la famine et à des violences extrêmes, contraintes de fuir en quelques semaines les camps d’El Fasher et de Zamzam. Beaucoup d’entre elles, prises au piège des affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), ont vécu des mois de siège avant de pouvoir s’échapper. En réponse, le PAM a fourni une assistance à 270 000 personnes dans ces zones le mois dernier.
Les convois humanitaires s’intensifient pour répondre à l’urgence. Des camions transportant 1 600 tonnes de vivres, destinées à 220 000 personnes, commencent à arriver à Tawila, dans le Darfour du Nord, où 180 000 déplacés ont afflué rien que la semaine dernière. Parallèlement, un autre convoi parti de Port-Soudan est en route vers El Fasher avec 1 000 tonnes d’aide pour 100 000 habitants encore pris au piège de la ville assiégée. Le PAM étend également son action à Jabal Awlia, au sud de Khartoum, une région gravement menacée par la famine. Les premières distributions y ont repris la semaine dernière après une interruption depuis décembre. De retour d’une mission à Khartoum, Samantha Chattaraj a décrit une scène de désolation : des quartiers entiers détruits, une population affamée et désespérée, mais qui refuse pourtant de perdre espoir. Face à cette crise, le PAM vise à secourir 7 millions de personnes d’ici juin, en ciblant prioritairement les zones en famine ou à haut risque, ainsi que les foyers de malnutrition critiques. Pour y parvenir, l’agence appelle à un accès humanitaire durable et à des financements supplémentaires, soulignant l’urgence d’une mobilisation internationale pour éviter une catastrophe humanitaire encore plus profonde.

R.I.

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