Le Conseil de sécurité des Nations unies tient ce mercredi son briefing mensuel régulier, accompagné de consultations à huis clos, sur « la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne ». Cette réunion est particulièrement marquée par la montée en intensité des agressions menées par l’armée israélienne contre la bande de Ghaza, ainsi que par la détérioration de la situation en Cisjordanie occupée.La session se déroule en présence de la coordinatrice spéciale par intérim pour le processus de paix au Moyen-Orient, Sigrid Kaag, et d’un représentant de la société civile, qui doivent exposer les derniers développements sur le terrain et transmettre les appels pressants de la communauté internationale face à l’aggravation de la crise humanitaire dans les territoires palestiniens.
Depuis la reprise de ses offensives militaires le 18 mars, après plus de deux mois de trêve consécutifs à l’accord de cessez-le-feu du 19 janvier, Israël mène une campagne militaire massive contre la bande de Ghaza. Ces attaques, d’une extrême intensité, se traduisent par des bombardements aériens et des incursions terrestres répétées, causant au moins 3.901 morts et 11.088 blessés depuis cette date, selon les autorités sanitaires palestiniennes. Le bilan global depuis le 7 octobre 2023 atteint désormais 54.056 martyrs et 123.129 blessés, sans compter les nombreux disparus encore sous les décombres.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a signalé que près de 80 % du territoire de Ghaza se trouve désormais sous contrôle militaire israélien ou fait l’objet d’ordres de déplacement forcé. Cette situation a entraîné des mouvements massifs de population, un effondrement des infrastructures civiles et une détérioration dramatique des conditions de vie. Le siège total imposé par l’armée israélienne empêche l’entrée d’aide humanitaire, provoquant de graves pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant. Au cours de la réunion, Mme Kaag et plusieurs membres du Conseil devraient renouveler leurs appels à un cessez-le-feu immédiat, considéré comme la seule issue pour freiner l’escalade et protéger les civils. Le Conseil est également attendu sur la nécessité de garantir un accès humanitaire sans entrave et la protection des installations civiles conformément au droit international humanitaire. Par ailleurs, les membres du Conseil devraient aborder la situation critique en Cisjordanie occupée, qui connaît depuis le début de l’année une intensification alarmante des violences, à la fois de la part des forces israéliennes et des colons extrémistes.
Entre le 1er janvier et le 19 mai, plus de 130 Palestiniens ont été tués et plusieurs milliers blessés, tandis que près de 2.000 attaques de colons ont été recensées, causant des pertes humaines et d’importants dégâts matériels. Le nord de la Cisjordanie, notamment les camps de réfugiés de Jénine et Tulkarem, est particulièrement touché. Ces zones font face à des campagnes de démolitions, à des couvre-feux prolongés, et à des opérations militaires de grande envergure, entraînant le déplacement forcé de milliers de personnes. Des villes comme Bruqin et Kafr ad Dik sont presque totalement isolées, privant plus de 11.000 Palestiniens de liberté de mouvement et d’accès aux services essentiels.La réunion du Conseil intervient donc à un moment critique, alors que la communauté internationale fait face à l’un des conflits les plus meurtriers et les plus destructeurs de ces dernières décennies dans la région. Les appels à une action concrète et immédiate se multiplient, dans l’espoir de mettre un terme à cette tragédie humaine et de rouvrir la voie à une solution politique durable .
Farid B.
Le Conseil de sécurité de l’ONU en session sur la situation au Moyen-Orient :Gaza et la Cisjordanie au cœur des préoccupations

