Le chef de cabinet au ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohand Azzoug: «Le Vatican reconnaît un partenaire incontournable»

Le chef de cabinet au ministère des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohand Azzoug, a livré ce dimanche sur les ondes de la Radio nationale, chaîne 1, plusieurs éclairages majeurs sur la venue prochaine du pape Léon XIV en Algérie. Contrairement à certaines rumeurs, cette visite ne se limite pas à une simple escale. Elle s’inscrit dans une tournée internationale qui conduira le souverain pontife dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe. Mais c’est bien à l’invitation officielle du président Abdelmadjid Tebboune que le pape fera étape en Algérie, pour plus d’une journée, avec le statut éminent de «visite d’État». Un honneur diplomatique qui place les relations entre Alger et le Vatican au plus haut niveau.
Selon M. Azzoug, cette élévation protocolaire n’est pas anodine. Elle porte en elle des significations profondes, mêlant dimensions politique, historique et civilisationnelle.
L’occasion sera ainsi donnée d’examiner l’état des liens bilatéraux entre les deux États, mais aussi de célébrer ce qui unit l’Algérie au monde chrétien à travers deux figures phares. La première est saint Augustin, natif de l’actuelle Souk Ahras, dont l’empreinte spirituelle et intellectuelle irrigue encore Annaba et sa région. Véritable pont entre la pensée islamique et la philosophie occidentale, il incarne cette Méditerranée du dialogue.
La seconde est l’émir Abdelkader, dont l’humanisme et la protection des chrétiens en Syrie au XIXe siècle en ont fait un symbole universel de tolérance interreligieuse.
Le responsable a également souligné que cette visite consacre la reconnaissance du rôle géostratégique de l’Algérie. Stable, engagée dans une croissance économique soutenue, le pays figure désormais parmi les grandes puissances régionales, quatrième économie du monde arabe et d’Afrique selon les derniers chiffres du FMI. Un statut conforté par son passage récent au Conseil de sécurité des Nations unies, où elle a défendu les causes justes avec constance.
L’Algérie ne se contente pas d’afficher sa puissance : elle propose un modèle. L’initiative du «vivre ensemble en paix», portée par Alger et adoptée par l’ONU comme journée internationale, illustre cette ambition. Une idée née de la profondeur civilisationnelle de l’identité algérienne, selon M. Azzoug.
Sur le front de la lutte contre l’extrémisme, le porte-parole a rappelé l’expérience pionnière du pays, bâtie sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.
Ce dispositif, qui a permis de surmonter la tragédie des années 1990, pourrait inspirer d’autres nations. Il s’appuie sur une «référence religieuse nationale» fondée sur un islam modéré, et se traduit concrètement par l’envoi d’imams à l’étranger y compris en Italie, pour encadrer les communautés musulmanes durant le Ramadhan.
Quant à la liberté de culte, le responsable a été clair : la Constitution algérienne garantit à tous ses citoyens la liberté de croyance et de pratique, sans discrimination.
L’ordonnance 06-03 de 2006 encadre les cultes non musulmans, non pour les restreindre, mais pour organiser leur exercice dans les églises. Preuve à l’appui, l’État a soutenu la restauration de plusieurs édifices chrétiens, comme la cathédrale du Sacré-Cœur ou l’église Saint-Augustin, et facilite l’importation de livres religieux ainsi que l’accueil de responsables de cultes.
Anais G.