L’axe stratégique algéro-américainse consolide:Le chef de la diplomatie américaine à Alger

Le secrétaire d’État adjoint des États-Unis, Christopher Landau, entame ce lundi une visite de travail en Algérie qui s’inscrit dans le cadre de la consolidation des relations stratégiques entre Alger et Washington.
Premier diplomate américain de ce rang à se rendre à Alger depuis l’élection présidentielle américaine, Landau est accompagné d’une délégation de haut niveau, traduisant l’importance qu’attache l’administration Trump à son partenariat avec l’Algérie dans une région marquée par des enjeux cruciaux.
Cette mission officielle fait suite à la rencontre au sommet du 17 avril dernier à Antalya, en Turquie, entre le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, et Massad Boulos, conseiller spécial du président américain pour l’Afrique et les Affaires arabes.
À l’issue de leurs entretiens, les deux responsables avaient salué «la dynamique positive marquant les relations algéro‑américaines», au vu du «niveau privilégié du dialogue stratégique» et des «perspectives prometteuses offertes dans les différents axes du partenariat économique entre les deux pays».
Dès son arrivée à Alger, M. Landau rencontrera les plus hauts responsables algériens pour passer en revue l’ensemble des questions d’intérêt commun. À l’ordre du jour figurent en priorité l’approfondissement de la coopération dans les domaines sécuritaire et de la défense, dans le cadre du mémorandum stratégique signé entre les deux armées en janvier 2025.
Les États-Unis et l’Algérie partagent aujourd’hui des objectifs communs en matière de stabilisation du Sahel, où prolifèrent les groupes armés, et de lutte contre le terrorisme, Washington cherchant à coordonner ses efforts avec son partenaire algérien, acteur essentiel pour la sécurité de toute la région.Dans le champ économique, les discussions porteront sur les accords commerciaux majeurs conclus avec les entreprises américaines, qui confirment l’attractivité de l’Algérie et la confiance placée en elle par les investisseurs étrangers.
Les échanges commerciaux entre les deux pays avoisinent désormais les 4 milliards de dollars. Les hydrocarbures non conventionnels, dont les réserves algériennes sont estimées à quelque 20 000
milliards de m3, constitueront un volet majeur des entretiens, les géants américains Chevron et ExxonMobil ayant déjà engagé des discussions avancées avec Sonatrach pour l’exploitation de ces vastes ressources.
Le secteur des minéraux critiques fera également l’objet d’une attention particulière, dans le cadre de la stratégie américaine visant à sécuriser ses approvisionnements face à la compétition internationale.
Cette dynamique a été illustrée récemment par le lancement de la deuxième phase du projet Baladna en Algérie, un investissement de 635 millions de dollars comprenant l’importation de 30 000 vaches des États-Unis à partir de novembre 2026, qui permettra à l’Algérie de couvrir 50% de ses besoins en poudre de lait.
La multiplication récente des échanges entre responsables algériens et américains, deux visites de Massad Boulos en Algérie en six mois, les entretiens d’Antalya et désormais la venue de Christopher Landau témoigne de la qualité et de la densité d’un partenariat stratégique en pleine ascension.
Des relations fondées, selon les termes des deux parties, sur «le dialogue stratégique privilégié» et une vision partagée d’un avenir de paix et de prospérité pour toute l’Afrique du Nord.
Farid B.