L’Association des oulémas musulmans algériens a choisi de frapper fort. Dans un communiqué fleuve rendu public hier soir, elle s’en prend, sans la nommer, à une représentation diplomatique ayant organisé récemment à Alger un événement autour du yoga, dans le cadre paysager du Jardin d’essai du Hamma.
Pour l’association, cette pratique ne saurait se réduire à de simples exercices physiques : elle puiserait ses
racines dans un système religieux et philosophique porteur de conceptions spirituelles étrangères à la doctrine islamique. Le texte appelle ainsi à distinguer nettement l’activité sportive proprement dite de toute pratique chargée de symboles ou de connotations cultuelles, au nom de la préservation de la référence islamique de la société algérienne.
L’association insiste sur le fait que le respect des relations de l’Algérie avec les autres nations, tout comme celui dû aux particularités culturelles des peuples, ne doit en aucun cas se faire au détriment de cette référence islamique, qu’elle considère comme l’un des piliers de l’identité nationale, protégé par la Constitution. Elle en appelle par ailleurs aux oulémas, aux imams, aux enseignants, aux journalistes et aux créateurs de contenu pour intensifier les efforts de sensibilisation autour des questions liées à l’identité et aux valeurs nationales, s’appuyant sur près d’un siècle d’action réformatrice qu’elle revendique comme héritage depuis sa fondation.
Le communiqué ne s’arrête pas là. Il consacre de longs passages à la sécurité publique, évoquant l’agression dont a été victime le moudjahid Charfi Maâmar à Tébessa, ayant coûté la vie à sa fille, comme symptôme d’une montée de la violence dans les quartiers, armes blanches, agressions en plein jour,
climat de peur qui, selon l’association, ternit l’image d’un pays pourtant réputé pour sa stabilité et sa sécurité. Le texte va jusqu’à invoquer les principes de la charia comme fondement d’une justice capable de dissuader les criminels et de préserver la quiétude des citoyens.
L’association appelle les autorités à la fermeté la plus stricte face à ces agressions, tout en saluant au passage les efforts déployés par les services de sécurité pour traquer leurs auteurs.
N. C
L’Association des oulémas s’insurgecontre le «yoga»
