Face à la flambée des prix du brut qui menace de déstabiliser l’économie mondiale, l’Agence internationale de l’énergie s’apprête à actionner le levier le plus puissant dont elle dispose : les réserves stratégiques de pétrole.
Selon des informations rapportées par le Wall Street Journal, cette décision exceptionnelle viserait à juguler la hausse vertigineuse des cours provoquée par l’escalade militaire au Moyen-Orient.
Les volumes qui pourraient être libérés sur le marché dépasseraient les 182 millions de barils déjà débloqués en 2022 lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, un chiffre qui donne la mesure de l’inquiétude des grandes puissances face à la situation actuelle.
Les marchés pétroliers, devenus extrêmement volatils, ont vu le baril de Brent brièvement franchir le seuil symbolique des 100 dollars en début de semaine, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le début de l’année 2022 et qui fait craindre un emballement inflationniste aux conséquences désastreuses pour l’économie mondiale.
Vers 2h40 GMT hier mercredi, le baril de Brent évoluait autour de 88,15 dollars, mais cette accalmie apparente masque une tension sous-jacente considérable, les opérateurs de marché redoutant à tout moment une nouvelle flambée en fonction de l’évolution des affrontements au Proche-Orient.
Les ministres des Finances du G7, réunis lundi dernier à Paris, ont longuement discuté de cette option radicale, conscients que laisser les prix de l’énergie s’emballer aurait des répercussions en chaîne sur l’ensemble des économies occidentales déjà fragilisées par une inflation persistante.
Une réunion extraordinaire de l’AIE s’est tenue mardi dernier dans la capitale française pour examiner les modalités techniques d’un tel déstockage massif, qui nécessite une coordination parfaite entre les pays membres pour être efficace.
La décision finale a été examinée hier mercredi par les chefs d’État et de gouvernement du G7, qui ont évalué les conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et arrêté des mesures concrètes pour atténuer l’impact sur les marchés de l’énergie.
Cette mobilisation sans précédent des réserves stratégiques constituerait une réponse directe à ce que les responsables occidentaux perçoivent comme une menace existentielle pour la stabilité économique mondiale, dans un contexte où chaque frappe militaire dans la région fait craindre une interruption majeure des approvisionnements en provenance du golfe Persique.
Les précédents déblocages de réserves stratégiques avaient permis de calmer temporairement les marchés, mais l’ampleur de la crise actuelle et la persistance des tensions régionales laissent planer le doute sur l’efficacité à long terme d’une telle mesure, les investisseurs s’interrogeant sur la capacité des grandes puissances à faire face à une crise énergétique prolongée.
La décision du G7 sera scrutée avec une attention particulière par les marchés mondiaux, qui y verront un signal fort de la détermination des pays industrialisés à ne pas laisser la situation leur échapper, alors que les craintes d’un embrasement généralisé au Moyen-Orient n’ont jamais été aussi vives depuis des décennies.
Samira G.
L’arme du pétrole: Le G7 s’apprête à puiser dans les réserves stratégiques pour faire face à la crise au Moyen-Orient

