L’ancien ministre de l’Intérieur, Salah Eddine Dahmoune, placé en détention:Lutte anti-corruption :aucun répit !

La lutte contre la corruption y compris dans la gestion relevant de responsables qui ne sont plus en poste, ne s’arrêtera pas. Encore un ancien ministre se retrouve derrière les barreaux à cause de soupçons de corruption dans l’attribution de marchés. Il s’agit de l’ancien ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Salah Eddine Dahmoune. Ce dernier avait succédé, rappelons-le, à Noureddine Bedoui, alors désigné Premier ministre, en avril 2019 lorsque le mouvement populaire Hirak dressa un barrage au cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Dahmoune vient d’être placé sous mandat de dépôt à la prison de Koléa, par le juge d’instruction du pôle économique et financier du tribunal Sidi M’hamed (Alger), pour son implication dans l’affaire dite du marché des panneaux publicitaires et de l’affichage au niveau de la capitale. Un marché que détenait le fils de la sœur de feu Bouteflika, rapporte Echourouk.
Ce dernier, selon la même source, a bénéficié de gros marchés publicitaires (affiches et panneaux publicitaires sur les routes et autoroutes, …) ayant drainé des dizaines de milliards, avec une exclusivité sans aucune concurrence, dans un domaine qui était devenu au fil des années, le sien. Un procédé qui n’aurait pas pu imposer sans la complicité de responsables, dont Salah Eddine Dahmoune, durant la période où il était ministre. D’avril 2019 à décembre de la même année, l’ancien ministre aurait joué «les intermédiaires» auprès du wali délégué de Dar El Beida, pour que le neveu de l’ancien président rafle des marchés. Dahmoune est donc poursuivi pour « abus de fonctions et abus de pouvoirs ». Mais, il n’est pas le seul dans cette affaire, puisque même l’ancien directeur du Protocole de Bouteflika, Mokhtar Reguieg, actuellement en prison dans un autre dossier, est cité.
Salah Eddine Dahmoune qui s’était distingué en 2019 par des attaques d’une rare virulence contre les manifestants du Hirak, qualifiant les jeunes d' »homosexuels », devra donc répondre de sa gestion à la tête du ministère de l’Intérieur, bien que ce soit pour une courte durée. D’ailleurs, faut-il rappeler qu’après son élection en décembre 2019, le président de la République Abdelmadjid Tebboune, avait demandé à tous les ministres membres du gouvernement de poursuivre la gestion des affaires courantes, à l’exception de celui de l’Intérieur, remplacé par Kamel Beldjoud.
Quoi qu’il en soit, l’incarcération de l’ancien ministre vient encore une fois, prouver que la lutte contre la corruption, cheval de bataille du chef de l’Etat depuis son arrivée au pouvoir, n’est pas près de s’arrêter. Tout abus doit être sanctionné et personne ne doit être au-dessus de la loi. La justice, elle, continuera à fouiner dans tous les dossiers pour juger les corrompus.
Lors de son discours de fin d’année devant les deux chambres du Parlement réunies, le 29 décembre 2024, le Président Tebboune qui évoquait «les résistances au changement » durant son premier mandat, a promis que la lutte contre la corruption sera menée «jusqu’au dernier souffle» et que le mandat actuel sera celui de la consolidation «des acquis pour préserver la dignité du citoyen, améliorer son niveau de vie et poursuivre les projets de développement» .
Farid.B.

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